Le NPA

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 21 juin 2013, 20:10:21

Assez de ces affairistes ! Assez de régression sociale ! Non aux nouvelles attaques contre les retraites ! (.pdf)

Réunion-débat le 20 juin à 20h30 Salle de la médaille à St-Pierre-des-Corps, avec Christine Poupin (porte parole nationale du NPA).
Cahuzac, Guéant, Tapie, Lagarde, Andrieux, Sarkozy… Ces dernières semaines, la vie politique est jalonnée, à droite comme à gauche, par les scandales et les affaires. Fraude fiscale pour l’un, détournements de fonds pour l’autre ou encore abus de faiblesse ou de biens sociaux…

Le fric roi

Cette collusion entre monde des affaires, l’État et les grands partis institutionnels, est au cœur de ce qu’ils nous présentent comme la démocratie, en réalité un système corrompu qui fonctionne au service des classes dominantes contre la population. Pour Guéant et ses centaines de milliers d’euros à l’origine opaque, pour Lagarde offrant des millions d’euros à Tapie, pour Sylvie Andrieux, députée des Bouches du Rhône, détournant des fonds publics, ce ne sont pas des délits mais les petits et grands avantages, les combines d’un système dans lequel il est somme toute normal que la caste politique au service de la classe dominante bénéficie elle aussi de quelques privilèges. Des avantages qui ne sont que des gouttes d’eau au regard des immenses fortunes et richesses accumulées entre les mains de la petite minorité de riches qui détourne l’argent vers les paradis fiscaux, détient l’économie et fixe les orientations des gouvernements d’alternance pour ses seuls intérêts, et contre l’intérêt général.

Les richesses à ceux qui les produisent

Ce scandale est bien celui de la domination d’une minorité de possédants, financiers et grands patrons, qui accaparent une part sans cesse croissante des richesses au détriment de celles et ceux qui les produisent, de toute la population. Le gouvernement Hollande/Ayrault est entièrement dévoué à cette minorité comme le gouvernement Sarkozy/Fillon l’était. Au nom de la course à la compétitivité ou de la lutte contre les déficits, leur politique opère un transfert des richesses directement de la poche des salariés vers la poche des riches. Après avoir facilité les licenciements et la flexibilité avec la loi visant à assurer la compétitivité des entreprises, Hollande engage maintenant une nouvelle offensive contre les retraites. Quant aux retraitéEs, ceux qui en auront les moyens complèteront leur retraite avec des assurances privées. Les autres vivront dans la misère.

Toutes les forces du mouvement ouvrier, de la gauche syndicale et politique, les travailleurs, les jeunes doivent s’unir pour organiser la contre offensive. Et cela sans attendre, dès maintenant, sans se laisser une fois encore prendre au piège du dialogue social. Il n’y a rien à négocier, on connaît maintenant les projets de Hollande, ceux de la commission européenne. Donnons-nous les moyens de les rejeter et de faire reculer le patronat et le gouvernement.

Venez nombreux et nombreuses discuter et débattre de cette situation avec les militants-es du NPA ce 20 juin.
Modifié en dernier par Nico37 le 23 juin 2013, 03:17:27, modifié 1 fois.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 23 juin 2013, 03:17:00

Argenteuil (95) : «  la rencontre d’une droite décomplexée avec l’expérience de la rue contre le mariage pour tous, et d’une gauche institutionnelle avec l’expérience des reculs sur l'égalité des droits Hebdo Tout est à nous ! 200 (20/06/13) Propos recueillis par Robert Pelletier

Entretien. Omar Slaouti est militant du Collectif local contre les violences policières « Ali Ziri ». Avec lui, nous revenons sur les agressions qui ont eu lieu récemment dans la ville.

Peux-tu décrire les agressions racistes et islamophobes qui se sont déroulées récemment à Argenteuil  ?

L’atmosphère est nauséabonde, et on a le sentiment qu’Argenteuil est devenu un laboratoire, un terrain d’expérimentation pour des nazillons et des flics zélés. Le 13 juin, Mme Leila O., se fait arracher les vêtements et une mèche de cheveux après avoir été traînée sur 50 mètres ; elle reçoit des coups de pied dans le ventre après avoir dit aux deux skinheads qui l’agressent qu’elle est enceinte (de quatre mois), elle en perdra son bébé.
Le 20 mai, Mme Rabia, traitée de « sale arabe, sale musulmane », se fait arracher son foulard, et reçoit plusieurs coups ; quelques mois plus tôt, Mme Nadia a subi le même sort, à coups de cutter cette fois-là.
Le 11 juin, ce sont des képis qui ont contrôlé sans ménagement une femme qui portait un niqab, alors même qu’elle se pliait à leurs injonctions. Elle a fini au poste, et avec elle, un jeune témoin de la scène passé à tabac.
Et à chaque fois, on a une procédure qui traîne et au bout, à l’image des violences policières, l’impunité, comme pour 95 % des agressions islamophobes.

Des signes avant-coureurs pouvaient-ils laisser prévoir de telles violences ?

Le contexte, c’est la rencontre d’une droite décomplexée avec l’expérience de la rue contre le mariage pour tous, et d’une gauche institutionnelle avec l’expérience de la gestion libérale et des reculs sur l’égalité des droits. Frigide Barjot est même venue manifester dans les rues d’Argenteuil, de la dalle jusqu’à quelques mètres du siège national de Civitas.
Dans le même temps, la chasse aux Roms et aux sans-papiers se poursuit, et l’index reste toujours pointé sur les quartiers, les Arabes, les Noirs et les Musulmans. Le résultat fait beaucoup plus mal que le score électoral du FN à Villeneuve-sur-Lot : une partie de la population est déshumanisée, les coups portés sont banalisés et même légitimés.

Comment s'organise la riposte ?

À Argenteuil, la riposte ne s’est pas fait attendre et dès vendredi 14 juin, ce sont plus d'un millier de personnes qui se sont retrouvées devant l’hôtel de ville pour réclamer justice et transparence, en demandant par exemple que soient mis à la disposition des femmes victimes et de leur avocat les enregistrements des caméras de vidéosurveillance.
La riposte, c’est aussi comprendre que les politiques au service des 1 % les plus riches et le racisme institutionnel se répondent, mais ne se réduisent pas l’un à l’autre. Dès lors, il nous faut tenir tous les fronts, impulser des dynamiques unitaires qui ne lâchent rien sur l’égalité des droits. Dénoncer le détournement de la laïcité et du féminisme à des fins racistes et islamophobes en particulier. Clément était des nôtres au rassemblement « Mamans toutes égales ».
Pour nous à Argenteuil, chacune des agressions islamophobes, la mort de ce bébé et l’assassinat de Clément se font écho et exigent un tournant radical. Le 23 juin, nous serons dans la rue pour porter le deuil, mais aussi pour exiger la justice.

Nico37
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Message non lu par Nico37 » 23 juin 2013, 11:55:36

République et luttes de classes SABADO François Article paru dans un dossier sur la République, revue « Tout est à nous » n° 44 de juin 2013

L’histoire des rapports entre le mouvement ouvrier et la République est tumultueuse. Ils se sont rencontrés, mêlés mais aussi opposés et combattus.

EN FRANCE, APRES LE RENVERSEMENT DE LA MONARCHIE

Il y a bien entendu, plusieurs définitions de la « République ». En France, elle est liée à la révolution de 1789, au renversement de la monarchie, et aux idéaux « d’égalité, de fraternité et de liberté ». C’est la « chose publique », un système politique représentant les citoyens, se présentant comme défendant l’intérêt général, et s’incarnant dans un gouvernement, des institutions et un Etat.

Mais elle a aussi constitué depuis plus de deux siècles – avec des interruptions –, la forme politique de la domination des classes dominantes, de construction de l’Etat bourgeois.

Cette double dimension a conduit les révolutionnaires, non pas à défendre, en tout temps et tout lieu, la « République », mais à définir leur politique en fonction de chaque conjoncture historique et de la dynamique que peut avoir ce mot d’ordre.

La Révolution française de 1789 a eu une portée universelle. La république lui est historiquement liée. Durant des décennies, ces idées ont soulevé l’enthousiasme des peuples du monde. Elles ont incarné les droits politiques et civiques, mais moins les droits sociaux au travail, à l’éducation, à l’existence. Plus, malgré des luttes acharnées, en particulier celle de Robespierre, le droit d’existence n’a pu prévaloir sur le droit de propriété. C’était là, comme le dit Daniel Bensaïd, « l’originelle fêlure, la mortelle blessure, l’intime défaillance des droits de l’homme et du citoyen, le défaut de fabrication » [1]. Son histoire est aussi marquée par des « exclusives » : le suffrage censitaire – qui privent du droit de vote les classes populaires, celles qui ne paient pas l’impôt –, le maintien de l’esclavage des peuples colonisés jusqu’en 1848, où il est aboli par la deuxième République, et le refus du vote pour les femmes jusqu’en 1946 !

Clémenceau voulait « qu’on prenne la révolution française comme un bloc ». On nous présente aussi la République comme un bloc. Ses origines comme son histoire prouvent que ce bloc n’est pas compact, ni homogène : Les poussées républicaines-révolutionnaires de 1789, 1793, de février1848, ne peuvent être confondues avec Thermidor et les massacres de Juin 1848, tout cela au nom de la République !

Dans d’autres pays, comme aux Etats-Unis d’Amérique, la République n’a pas la portée subversive, antimonarchique, qu’elle a en France. En Turquie, la République de Mustapha Kemal est ultra laïque, mais pas démocratique. De même, nombre de dictatures en Amérique latine se sont parées des habits de la république.

La république comme, d’autres formes politiques, exige donc l’analyse concrète d’une situation concrète.

REPUBLIQUE « TOUT COURT » OU REPUBLIQUE SOCIALE ?

La référence à la République a aussi servi de point de ralliement aux mouvements populaires, non seulement en France, mais aussi dans d’autres pays d’Europe. De grands soulèvements révolutionnaires contre la monarchie, le racisme ou la dictature ont été marqués du sceau républicain.

Les journées de 1793, de 1830, de 1848, l’expérience fondatrice de la Commune de Paris en 1871, les mobilisations antifascistes en 1934-1936, en France ou en 1936-1939 en Espagne contre Franco, la résistance contre l’occupant nazi en 1940-44... Autant de guerres et de crises révolutionnaires où le ressort républicain a combiné les aspirations à la souveraineté populaire, aux libertés démocratiques et à l’égalité sociale.

C’est dans ce sens, que dès 1905, Lénine considérait la république démocratique comme « l’ultime forme de la domination bourgeoise et comme la forme la plus appropriée à la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie. » [2]

Mais la « République » confond, aussi, les aspirations démocratiques et les institutions qui forment l’Etat bourgeois, et peut s’avérer un terrible piège pour le mouvement ouvrier. La révolution de 1848 a incarné la rupture entre deux conceptions de la république. En février 1848, les insurgés parisiens combattent au nom de la « république sociale » et du « droit du travail ». En juin 1848, les ouvriers parisiens sont massacrés, toujours au nom de la « république », celle de la « république des propriétaires ». La bourgeoisie se sert de la forme politico-étatique de la république pour écraser le mouvement ouvrier. Marx en tire les leçons : « La bourgeoisie n’a pas de roi, la forme de son règne est la République ». Comme l’indique Daniel Bensaïd dans une contribution sur la Commune, l’Etat et la Révolution : « Dans sa forme achevée, la République constitutionnelle réalise la coalition d’intérêts du parti de l’ordre. Il n’y aura plus désormais de République tout court. Elle sera sociale ou ne sera qu’une caricature d’elle-même, le masque d’une nouvelle oppression ».

La référence à la « République, tout court » sera, plus tard, le terrain de toute la politique d’Union sacrée qui réunit les représentants des classes dominantes et ceux du mouvement ouvrier réformiste. C’est au nom de la République et de la civilisation qu’ont été poursuivies les expéditions coloniales contre les peuples d’Afrique du Nord, d’Afrique noire et d’Indochine. C’est au nom de la République qu’a été conduite une politique de répression et d’assimilation forcée de ces peuples. Et les « valeurs républicaines » n’ont pas évité à la France la vague de nationalisme et de racisme qui a submergé l’Europe à partir de la fin du XIXe siècle. C’est en son nom que les écoles républicaines ont préparé les consciences à la « revanche » contre l’Allemagne. C’est en son nom que se déchaînent les boucheries de la Première Guerre mondiale.

REPUBLIQUE ET COLLABORATION DE CLASSES

C’est aussi au nom de la République qu’ont été approuvées nombre de politiques de collaboration de classes.

Des premières expériences de « ministérialisme », c’est-à-dire de participation d’un ministre socialiste, Millerand à un gouvernements bourgeois, au début du XXe siècle, à la reconstruction de l’Etat bourgeois en 1944-1945, sous la houlette du général De Gaulle, avec le désarmement des forces de la Résistance, en passant par le Front populaire qui canalisa la force propulsive de la grève générale dans l’alliance avec le parti radical ; c’est à chaque fois la référence à la République identifiée aux institutions de l’Etat bourgeois démocratique qui désarma le mouvement social.

D’ailleurs, n’oublions pas, comme le montre de manière saisissante le film Land and Freedom de Ken Loach, sur la guerre civile espagnole, la manière dont les staliniens, certains sociaux-démocrates et autres républicains ont utilisé la défense de la république pour étrangler la révolution. Il y avait, dans le camp de la République espagnole, une lutte impitoyable entre révolution et contre-révolution, entre ceux qui liaient la lutte pour la démocratie à une transformation sociale révolutionnaire et les autres, qui utilisaient la démocratie pour freiner puis abattre le processus révolutionnaire.

La République, comme forme politique, n’est jamais neutre. Elle est intrinsèquement liée à l’Etat, et à la classe qui domine cet Etat. Nous ne partageons pas l’appréciation de Jean Jaurès dans ses écrits sur « L’Armée nouvelle », où il caractérise ainsi l’Etat : « L’Etat n’exprime pas une classe, mais le rapport des classes, je veux dire le rapport de forces ». La République, comme forme politique et étatique construite depuis plus d’un siècle en France n’est pas une forme politique indifférenciée qui se remplirait d’un contenu social donné, bourgeois ou prolétarien, selon les rapports de forces. L’Etat est au service des classes dominantes.

Nous partageons, plutôt, le point de vue de Lénine, pour qui « la République bourgeoise, le Parlement, le suffrage universel, tout cela constitue un immense progrès du point de vue du développement de la société à l’échelle mondiale... Mais la République bourgeoise la plus démocratique n’a jamais été et ne pouvait, être rien d’autre qu’une machine servant au capital à opprimer les travailleurs, un instrument de pouvoir politique du capital. La République démocratique bourgeoise a promis et proclamé le pouvoir de la majorité, mais elle n’a pu le réaliser tant qu’existait la propriété privée du sol et des autres moyens de production »

Cette ambivalence, ou ambiguïté fondamentale de la République, nous conduit à rejeter toute idée d’alliance ou de mouvement ou de front républicain, avec la bourgeoisie. Cette question est toujours d’actualité, car c’est la politique proposée par d’importants secteurs de la gauche traditionnelle pour combattre le Front national. Or, face au fascisme, il faut opposer la mobilisation unitaire de tous les travailleurs et de leurs organisations, et non pas une alliance ou un front républicain qui subordonne la gauche à des accords avec la bourgeoisie. Dans des circonstances historiques spécifiques − l’opposition à la monarchie, à des dictatures, au fascisme ou à des coups d’État –, la lutte pour la « république » peut incarner l’exigence démocratique. Face à des républiques bourgeoises, le mouvement ouvrier doit alors lever le drapeau de la « République sociale et démocratique », et s’appuyer sur les méthodes de la lutte de classes.

ET LA VIe REPUBLIQUE ?

Aujourd’hui, avec la campagne menée par Mélenchon, le mouvement ouvrier français est de nouveau confronté au débat sur la République.

Ses partisans revendiquent une assemblée constituante pour une VIe République. La situation de crise politique en France et en Europe peut en effet poser, de manière centrale, des questions démocratiques, conjuguées à celles de la lutte contre l’austérité. Mais la dynamique de la lutte de classes épouse-t-elle aujourd’hui, les formes républicaines du siècle dernier ? Une situation prérévolutionnaire comme celle de Mai 68, par exemple, ne s’est pas située dans les traditions républicaines du mouvement ouvrier. Lorsque se déclenchent des luttes sociales ou démocratiques de grande envergure, ce n’est pas la République ni même « une VIe République » qui peut en constituer l’horizon politique. Une chose, sont, les meetings électoraux, autre chose est un programme ou une revendication dont les classes populaires s’emparent pour résister à la crise.

La situation peut être différente dans l’Etat espagnol, où la conjonction de la crise de la monarchie et des nationalités pose plus précisément la nécessité de le République et de l’auto-détermination… Mais que signifie cette référence dans la situation française où, depuis plus d’un siècle, la bourgeoisie a accaparé la République ?

Discutons de la VIe République défendue par J. L. Mélenchon. La conçoit-il vraiment comme une rupture démocratique ? Il propose certes quelques modifications institutionnelles importantes sur la suppression du Sénat, la mise en place de la proportionnelle dans les élections ou le référendum révocatoire comme au Venezuela. Mais sur la clé de voûte de la Ve République (l’élection du président de la République au suffrage universel et le fait que tous les pouvoirs lui soient conférés), il renvoie la discussion à une future Constituante. Pourtant c’est le point nodal de l’architecture des « Républiques bonapartistes » . Dès le coup d’État de Louis Bonaparte du 2 décembre 1851, Marx avait compris la fonction perverse de cette institution : « La Constitution s’abolit elle-même en faisant élire le président au suffrage direct par tous les Français. Alors que les suffrages des Français se dispersent sur les 750 membres de l’Assemblée nationale, ils se concentrent ici, au contraire, sur un seul individu […]. Il est, lui, l’élu de la nation. Vis-à-vis d’elle, il dispose d’une sorte de droit divin, il est par la grâce du peuple ».

Le programme de Mélenchon se contente d’une formule générale : « Les pouvoirs exorbitants du président de la République doivent être supprimés dans le cadre d’une redéfinition générale et d’une réduction de ses attributions », nous indique le programme du Front de gauche. Si nous sommes pointilleux là-dessus, c’est que François Mitterrand, une des références de Jean-Luc Mélenchon, avait pendant des années critiqué la Ve République comme « un coup d’Etat permanent ». Mais lorsqu’il s’est agi d’établir le Programme commun de l’Union de la gauche, il refusa de remettre en cause « la présidence de la république ». Il suffit de reprendre le texte du Programme commun de 1973 pour y retrouver la dénonciation des « pouvoirs exorbitants » du président et la « nécessité de leur suppression »… mais pas la suppression de la présidence. Et pour cause, la suite de l’histoire nous a apporté la réponse.

Un point central de discussion avec les partisans de la VIe République tourne autour des rapports entre les modifications institutionnelles et la mobilisation populaire pour assurer une démocratie réelle.

La rupture avec les institutions de la Ve République et l’ouverture d’un processus constituant, pour une vraie démocratie, implique une refonte totale du système avec des assemblées souveraines élues au suffrage universel et à la proportionnelle. Le rôle des anticapitalistes consiste à s’appuyer sur ce processus pour favoriser le mouvement d’en bas, les formes de pouvoir populaire. Ainsi, ces assemblées nationales élues, doivent s’appuyer sur des assemblées locales dans les communes, dans les entreprises, sur un processus d’auto-organisation et d’autogestion qui donne le pouvoir au peuple. Pas un mot, chez Mélenchon, sur toute cette dimension, car sa VIe République est en fait une transformation de l’Etat et des institutions actuelles, et non une rupture ou la constitution d’un nouvel Etat.

Nous sommes bien entendu aujourd’hui, très loin de ce type de situation en France ou en Europe. Mais observons que, lorsque les citoyens s’emparent de questions démocratiques institutionnelles, ils se tournent vers des mesures plus radicales.

La crise actuelle (politique, institutionnelle) est telle que des mouvements comme les Indignés, par exemple, insistent sur « la démocratie réelle maintenant »… avec des propositions de démocratie directe ou des réformes institutionnelles radicales (contrôle des élus, proportionnelle, initiatives référendaires), plus que sur la défense de la république.

REPUBLIQUE ET ANTICAPITALISME

Sur le plan économique et social, les républicains d’aujourd’hui analysent plus la société capitaliste, dans les termes d’une critique humaniste − « L’Humain d’abord » −, plutôt que ceux de la lutte de classes. Ils s’opposent au néo-libéralisme et au capitalisme financier, inventent de nouvelles régulations, mais n’osent pas remettre en cause le noyau dur du système capitaliste, à savoir les rapports de propriété. Ils se prononcent bien entendu pour la défense des services publics, pour leur gestion démocratique. Le programme du Front de gauche, « L’Humain d’abord », explique que « le pouvoir
économique ne sera plus entre les mains des seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des priorités sociales, écologiques et économiques démocratiquement débattues », mais ils ne vont pas jusqu’à des incursions dans la propriété capitaliste et l’amorce d’un processus de socialisation de l’économie. Ils défendent l’intérêt général, mais lorsque celui-ci bute sur la propriété du capital, les réponses se font plus qu’évasives.

Alors que plus que jamais, la profondeur de la crise capitaliste, au-delà des résistances quotidiennes aux politiques d’austérité, pose au mouvement ouvrier l’alternative historique suivante : accepter la logique du système capitaliste actuel et subir d’énormes régressions sociales, économiques, écologiques ou rompre avec le capitalisme, défendre le droit à l’existence avant le droit de propriété et s’engager dans une confrontation avec les classes possédantes. Et là, « l’intérêt général », c’est redonner toute sa centralité à la Lutte de classes !

REPUBLIQUE ET SOCIALISME

Toutes ces considérations nous conduisent à ne pas donner une valeur stratégique à la « république » tout court !

Une chose est de défendre, dans la République, des conquêtes sociales et démocratiques : le suffrage universel, les services publics, la laïcité comme principe de séparation de l’église et de l’Etat. Ces combats prennent aujourd’hui une nouvelle dimension face aux contre-réformes libérales qui remettent en cause l’espace démocratique. Ils doivent être liés à une perspective transitoire de transformation sociale radicale de la société.
Autre chose est de proposer comme perspective stratégique une référence à la République qui, comme forme politique, fusionne libertés démocratiques et institutions étatiques. Cela ne peut que brider et limiter les luttes de classes dans la remise en cause des formes étatiques.

Il n’y a pas de continuité entre République et socialisme : entre les deux, il y a des cassures, des discontinuités, en particulier dans la destruction de la vieille machine d’Etat. Affirmer une continuité entre la République et le socialisme, c’est ne plus penser la « rupture », c’est relativiser toutes les problématiques liées à l’émergence de situations révolutionnaires qui posent la question de nouvelles formes d’autogouvernement ou d’autogestion sociale. On en arrive alors à la formule de Mélenchon, de « révolution par les urnes », révolution canalisée, déviée, corsetée par les institutions de la République. Car il ne s’agit plus, pour lui, de reprendre le drapeau de la République sociale, celle des communards, qui opposaient la république sociale aux classes bourgeoises, mais des républicains qui, au-dessus des classes sociales, fusionnent dans leur défense de la République les mots « Nation », « République » et « Etat ». Cette conception ne peut que subordonner la « révolution citoyenne » ou « la révolution par les urnes » au respect des institutions de l’Etat des classes dominantes.

Il ne s’agit pas, pour les révolutionnaires, de nier la place des élections dans une stratégie révolutionnaire ou le suffrage universel comme mode d’expression et de décision démocratique, ni le fait que lors d’une crise révolutionnaire, le torrent du mouvement de masse bouscule et peut passer au travers des vielles institutions. Mais le centre de gravité des révolutions, ce ne sont pas les urnes, c’est, d’une part, « l’irruption des masses sur la scène sociale et politique » et d’autre part, la remise en cause du pouvoir des classes dominantes. Les révolutions créent, par leur propre dynamique, de nouvelles architectures de pouvoir économique, social, et politique. Historiquement, la République, comme continuité institutionnelle, a souvent été un barrage pour ces nouvelles formes politiques. La révolution doit alors la dépasser.

Notes
[1] Moi La Révolution, éditions Gallimard, 1989.
[2] « La social démocratie et le gouvernement révolutionnaire provisoire », œuvres vol 18 p 281.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 24 juin 2013, 23:48:47

NON à la fermeture des usines de Poullaouen et de Chateaugiron du groupe Marine Harvest. NPA du Finistère 13/06

La société Marine Harvest, leader mondial de la production et de la transformation du saumon, implantée dans un grand nombre de pays et cotée à la bourse d’Oslo en Norvège vient de décider de la fermeture de ses usines de Poullaouen (29) et Chateaugiron (35), jetant à la rue plus de 400 salariéEs.

Cette entreprise, spécialisée dans la production et la transformation du saumon d’élevage, est très loin d’être une petite PME en difficultés…

Pour développer sa compétitivité et augmenter les dividendes de ces actionnaires, elle vire les ouvrières et ouvriers qui n’ont cessé de « bosser » pour engraisser les actionnaires et les dirigeants de cette multinationale.

Après Doux, GAD, le jeu de massacres continue en Bretagne dans l’agro-alimentaire où les salariéEs ne sont plus que des kleenex que l’on jette après exploitation.

Trop c’est Trop !

Il faut bloquer ces fermetures, interdire les licenciements, maintenir le salaire de tous les ouvriers de Marine Harvest Bretagne et exiger l’ouverture de tous ses livres de compte.

Il faudra exproprier, purement et simplement le Groupe Marine Harvest France si celui-ci ne veut pas revenir sur sa décision de fermeture.

La mobilisation unitaire des salariéEs et de leurs syndicats soutenus par la population doit pouvoir imposer cette décision au groupe et exiger des élus locaux, départementaux, régionaux ainsi que du gouvernement qu’ils les soutiennent fermement dans cette voie, dans ce combat.

Il y en a assez des profiteurs. RESISTANCE !!!

Le NPA 29 appelle à la manifestation en solidarité et avec les salariéEs de Marine Harvest du Samedi 22 Juin à Carhaix 10h30 place du champ des foires.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 27 juin 2013, 02:05:12

CERCLE interdit, “ Veilleurs ” choyés : dans quel camp est la mairie d’Angers ? 24/06

Alors que la Mairie à autorisé durant plusieurs semaines consécutives les Veilleurs à se rassembler au centre de la place du ralliement, pour des lectures de textes, psaumes et autres prières publiques, voici qu’elle vient d’interdire l’initiative du CERCLE (Création d’un Espace de Rencontre Citoyen Ludique et Educatif) du Samedi 29 Juin, ainsi que les 5 prochaines initiatives en prévision (qui auraient dû avoir lieu les derniers samedis de chaque mois).
Le CERCLE est une initiative consistant à faire de la politique autrement, de manière ludique et conviviale, par la chanson, le théâtre, la poésie, et l’organisation de débats ouverts en place publique. Il défends et tente de promouvoir un ensemble de valeurs progressistes tels que : l’égalité des droits et des conditions de vie, la solidarité, la liberté, le féminisme, le cosmopolitisme, l’écologie, la convivialité, la démocratie directe, le pacifisme. En faisant le choix d’interdire le CERCLE, la mairie interdit par là même la liberté d’expression publique des opinions progressistes, alors qu’elle l’autorise pour les idées réactionnaires des veilleurs, des Hommens, du FN, du Bloc Identitaire, et autres comparses des manifs pour tous.
En ces temps de poussée réactionnaire, qui débouchent sur des violences et des crimes fascistes comme l’assassinat de Clément Méric, il est plus qu’urgent que les forces progressistes puissent avoir les moyens de communiquer au sein de l’espace public.
C’est pourquoi le NPA 49 soutient l’initiative militante du CERCLE et exige que la mairie d’Angers se rétracte et lui délivre son autorisation.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 27 juin 2013, 18:24:17

HALTE AUX AGRESSIONS RACISTES ISLAMOPHOBES ! 14/06

Hier, jeudi 13 juin, une jeune femme musulmane voilée a été physiquement agressée à Argenteuil. Cette agression intervient une vingtaine de jours après la plainte déposée par une jeune fille voilée pour une agression subie dans la même ville. Ces agressions sont de nouvelles manifestations du climat raciste et xénophobe entretenu par la droite, l'extrême droite et ses satellites fascisants. Une semaine à peine après le meurtre de Clément Méric, cette nouvelle agression démontre que leurs cibles sont les antifascistes, les homosexuelLEs, les immigréEs, les musulmanNEs…

La politique du gouvernement qui multiplie les expulsions de sans papiers, expulse les roms, organise de véritables rafles à Barbès entretient cette montée du racisme. Ainsi, deux jours avant l'agression de jeudi, un contrôle d'identité d'une femme portant le voile intégral dans un autre quartier de la même ville avait provoqué des affrontements avec la police. Tout ceci créer un climat de haine et de peur pour diviser les classes populaires, tenter de dresser les victimes de la politique des classes dominantes les unes contre les autres. Ce ne sont pas les immigréEs ou les femmes qui portent le voile qui licencient ou imposent l'austérité, la régression sociale. Ce sont bien les patrons, le gouvernement et les forces réactionnaires qui veulent mettre la population au pas.

Aux agressions et aux provocations racistes, hostiles aux musulmanNEs il faut opposer la solidarité et l'action collective des travailleurs-euses, des classes populaires quelles que soient leur origine, leur religion ou leur couleur de peau.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 29 juin 2013, 03:24:59

Extrême droite : ne rien lâcher, continuer Sandra Demarcq Hebdo Tout est à nous ! 201 (27/06)

Après l’assassinat de Clément Méric, plus de 80 associations, organisations syndicales, partis politiques et mouvements antifascistes se sont mobilisés à Paris et dans une trentaine de villes de régions pour rappeler que le fascisme tuait et qu’il fallait le combattre. Ces mobilisations doivent marquer le début d’un combat unitaire, large contre le fascisme et l’extrême droite.
Mercredi 5 juin, Clément Méric, membre de Solidaires ÉtudiantEs et de l’Action antifasciste Paris-Banlieue, a été assassiné par des militants des Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Quelques jours plus tard à Argenteuil, une jeune femme voilée a été violemment agressée par des skinheads. Le 15 juin à Lyon, jour de la marche des fiertés, deux membres du GUD sont les auteurs d'une agression raciste. La veille, toujours à Lyon, trois militants antifascistes qui collaient des affiches ont eux aussi été pris à partie par des militants d’extrême droite. Samedi 24 juin à Agen, deux jeunes festivaliers ont été agressés par sept skinheads très proches de Troisième voie du sinistre Serge Ayoub… La liste des violences perpétrées par des fascistes, homophobes et racistes continue à s’allonger, comme si ces derniers avaient aujourd'hui un sentiment d’impunité, aidés sans aucun doute par le climat politique de ces derniers mois, de ces dernières années.
Et ce n’est pas « la défaite au goût de victoire » du FN dimanche dernier lors de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot qui va embellir la situation. Cette élection confirme la progression électorale du Front national qui double ses voix entre les deux tours, montrant ainsi l’inefficacité des appels au « front républicain », un front qui revient à faire passer la droite dite « républicaine » comme un bouclier contre l’extrême droite. Alors que ces dernières années, l’UMP a largement repris les thèmes du FN, donnant ainsi toujours plus de crédit à son discours. Quant au Parti socialiste, ce dernier ne considère visiblement pas sa politique anti-sociale ou les affaires de Cahuzac comme la cause de son échec. Ce serait la faute au « beau temps »...

Après des mobilisations en demi-teinte

L’extrême droite ne doit pas pouvoir parader dans la rue et y agresser qui elle veut. Il doit y avoir une réaction collective pour l’en empêcher. Cela passe aujourd'hui par la construction d’un mouvement de masse qui pèse sur le rapport de forces général, qui montre que, contre l’extrême droite, nous pouvons nous mobiliser massivement dans l'unité.
Malheureusement, les manifestations et rassemblements de ce week-end n’ont pas été à la hauteur de cet enjeu. Certes, des rassemblements et manifestations ont eu lieu dans une trentaine de villes, mais globalement ils ont été plus petits que ceux qui avaient eu lieu au lendemain de l’assassinat de Clément. À Paris, même si la manifestation a rassemblé environ 8 000 personnes, nous pouvons regretter que les organisations syndicales n’aient pas fait le plein, tout comme certaines organisations politiques de la gauche de la gauche qui ces derniers mois ont pourtant prouvé qu’elles pouvaient mobiliser…
L’enjeu reste important et, à l’initiative de Solidaires, la réunion unitaire du 3 juillet sur les suites à donner est importante. Pour notre part, nous y défendrons la nécessité de mettre en place un cadre national, large et unitaire, pour continuer la lutte contre le fascisme et l’extrême droite.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 30 juin 2013, 21:56:20

UNE CAMPAGNE ODIEUSE DE CALOMNIES CONTRE LA MÉMOIRE DE CLÉMENT MÉRIC 26/06

Une véritable campagne de calomnies contre Clément Méric a été lancée à la suite de la divulgation de fausses informations invérifiables par RTL qui prétend que Clément Méric aurait déclenché la bagarre contre les Skinsheads qui l'ont frappé à mort, assassiné.

Clément ne serait plus la victime mais l'agresseur !

Et avec une complaisance indigne, la plupart des médias ont colporté la calomnie bien que Libération et la police elle-même aient démontré que les prétendues informations de RTL étaient sans fondements. Ils ont ainsi continué leur campagne pour tirer un trait d'égalité entre les groupuscules fascistes qui prospèrent à l'ombre du FN et celles et ceux qui défendent la démocratie et les libertés. Ils se sont faits les faire-valoir de Marine Le Pen.

Les faits invoqués sont faux, la campagne de calomnies est odieuse et inacceptable.

Le NPA tient à témoigner de sa solidarité aux proches et amis de Clément Méric face à ceux qui veulent salir sa mémoire, dénaturer son combat et ses idées.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 01 juil. 2013, 23:16:48


Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 02 juil. 2013, 21:50:28

La plus grande manifestation de l’histoire de l’humanité : un message au monde Jacques Chastaing, le 1er juillet

Il y aurait eu hier 30 juin dans quasi toutes les villes d’Egypte, petites ou grandes, entre 14 millions de manifestants anti Morsi selon l’agence Reuters citant des sources militaires et 33 millions selon CNN ou la BBC. Quoi qu’il en soit, il y en avait bien plus que lors des 18 jours cumulés de la révolution de janvier 2011 qui a fait tomber Moubarak. C’est la plus grande manifestation de l’histoire de l’Égypte et même probablement de l’histoire de l’humanité.

Manifestations festives

Les manifestations, qui étaient de véritables fleuves humains, n’ont connu quasi pas de violences. Il y aurait eu 5 morts et 613 blessés selon le ministère de la santé (sur provocation souvent des Frères Musulmans), ce qui est à déplorer mais ce qui est peu par rapport à l’ampleur considérable du nombre de gens dans la rue. Les manifestations ont surtout été marquées par une immense ambiance festive. Les gens étaient tout simplement heureux de se voir si nombreux, chantaient, riaient, lançaient des feux d’artifice. Pour beaucoup, malgré 2 ans et demi de luttes et protestations, c’était leur première manifestation. Ils sont venus par familles entières, avec enfants et parents. On a même vu des villages quasi entiers se vider pour partir à pied, rejoindre les manifestations des villes les plus proches.
Il y avait également des centaines de milliers de gens à leurs fenêtres qui applaudissaient les manifestants, criaient et chantaient avec eux ou agitaient des drapeaux. Bien des personnes âgées qui ne pouvaient pas marcher, ont tenu à manifester en restant en bas de leur immeuble, seuls ou en groupe, toujours avec drapeaux ou pancartes. Des centaines de bateaux de pêcheurs ont "manifesté" sur l’eau à Damiette ou bateaux pour touristes à Luxor. Des policiers, même des Forces Spéciales (anti émeute, nos CRS) ont manifesté en nombre, contre la dictature !
Le slogan principal rugi par ces millions de manifestants à l’attention de Morsi, était unanime d’un bout à l’autre de l’Égypte : "Dégage" ! Comme le carton rouge que tenaient par millions ces mêmes manifestants où était inscrit le même mot : "Dégage" !
Mais on entendait également bien d’autres choses : "Nous voulons des femmes à tous les postes du gouvernement", "Musulmans et chrétiens ensemble sont la révolution" , "Les femmes sont la fierté de l’Égypte",

Manifestations de colère

Se mélangeant à l’ambiance festive, la colère était aussi présente partout.
Sociale d’abord : le dimanche étant un jour travaillé en Égypte (jour de repos le vendredi), la plupart des usines, bureaux et magasins étaient fermés. Ce qui rajoute en profondeur à l’ampleur de la mobilisation. Un syndicaliste notait seulement 10% de présence dans la plus grande usine d’Égypte, les tissages Misr à Mahalla al Kubra. L’immense majorité des manifestants tenait à die qu’ils étaient là parce qu’ils n’en pouvaient plus de ne pas avoir de travail, d’argent, des coupures d’eau et d’électricité incessantes, de la pénurie d’essence... La manifestation a cristallisé et uni les milliers de protestations à caractère économique et social qui ont traversé le pays depuis le début de l’année et qui, là aussi, ont atteint un nombre record dans l’histoire mondiale.
Politique ensuite : de nombreuses pancartes, banderoles tenaient à dénoncer le soutien d’Obama aux Frères Musulmans, aux terroristes islamistes qu’il prétend pourtant combattre. On entendait "Réveille-toi Amérique, Obama soutien un régime fasciste en Égypte". Et cela valait pour tous les régimes occidentaux ou médias qui ont reconnu le régime des frères Musulmans et l’aident ou sont complaisants à son égard.
C’était un avertissement clair également à toutes les dictatures islamistes du monde arabe et simplement toutes les dictatures. Beaucoup de gens le disaient : "Qu’ils regardent et qu’ils tremblent" !

Manifestations de défiance

A la fête et à la colère, il faut ajouter une ambiance de défiance à l’égard de tous les partis et institutions.
Les manifestants égyptiens veulent imposer un type de démocratie directe où lorsque les dirigeants ne tiennent pas leur promesse, quels qu’ils soient et fussent-ils élus, ils doivent être démis de leurs fonctions sans attendre la fin de leur mandat.
Beaucoup ont signalé que bien des manifestants applaudissaient les militaires dans les rues ou les hélicoptères militaires qui survolaient les manifestations. En fait, beaucoup étaient des primo-manifestants et ne s’étaient pas encore éveillés à la politique lors du pouvoir du Conseil Supérieur des Forces Armées. Mais bien d’autres, plus expérimentés, criaient "Ni Frères, ni armée" et portaient d’immenses drapeaux à l’effigie des victimes tuées lors de manifestations ou en prison alors que l’armée était au pouvoir après la chute de Moubarak. La Révolution cherchant son chemin, avait jugé intelligemment que le 30 juin, elle ne pouvait affronter de front ses deux adversaires, les Frères Musulmans et l’armée et a décidé de jouer de leurs divisions. Ainsi si les jours qui viennent voient l’armée jouer à nouveau un rôle politique, il faut bien comprendre que sa marge de manœuvre sera encore bien plus faible qu’auparavant, une foule d’égyptiens se faisant infiniment moins d’illusions sur elle, qu’il y a deux ans.

Et maintenant ?

L’ensemble des partis, des frères Musulmans à l’opposition du FSN en passant par l’armée, ont été complétement stupéfiés par cette descente massive des égyptiens dans la rue, dépassant toutes leurs prévisions. Tous semblent interloqués, muets, quasi "interdits", aux deux sens du mot. Les seuls qui ont osé parler se sont ridiculisés. Morsi a dit qu’il était ouvert au dialogue. La rue a répondu qu’elle ne voulait pas de dialogue mais qu’il dégage. Hamdeen Sabbahi, dirigent des socialistes nassériens, qui se voit peut-être déjà futur vainqueur d’éventuelles élections présidentielles, a demandé à l’armée de prendre le pouvoir provisoirement avant des présidentielles anticipées, au cas où Morsi ne dégagerait pas de son plein gré.
Le mouvement Tamarod ( Rébellion) qui a initié cette manifestation géante après une pétition qui l’a préparée de 22 millions de signatures demandant que Morsi dégage, a répondu en lançant un ultimatum au pouvoir : où Morsi s’en va avant mardi 2 juillet à 17 h 00, où nous appelons à une grève générale illimitée et un mouvement de désobéissance civile jusqu’à ce qu’il tombe. Pendant que le "Front du 30 juin" qui a organisé la manifestation et pourrait bien se substituer en notoriété et autorité à l’opposition institutionnelle du FSN, a tenu à dire qu’il ne voulait pas plus du pouvoir de l’armée que de celui des Frères Musulmans et appelé à continuer à occuper rues et places jusqu’au départ de Morsi. Et de fait, toute la nuit des manifestations et sit-in ont continué un peu partout pendant que des villages de tentes se construisaient à bien des endroits.
On ne peut pas prévoir ce qui va se passer. Mais d’ores et déjà, on peut se dire que le message du peuple égyptien contre tous les pouvoirs oppressifs de la planète sera bien mieux entendu qu’il y a deux ans car depuis, du Brésil à la Turquie, de la Grèce au Bangladesh, du Chili à la Bulgarie ou la Bosnie, les peuples ont commencé à soulever le joug qui les opprime. La révolution ne fait que commencer.

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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 03 juil. 2013, 22:23:03


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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 05 juil. 2013, 01:11:23

UNE MINISTRE DE L'ÉCOLOGIE, ÇA FERME SA g..... OU ON LA DÉMISSIONNE... Montreuil, le 2 juillet 2013

François Hollande a limogé mardi après-midi la ministre de l'Écologie Delphine Batho. Philippe Martin, a été nommé à sa place. La ministre partant d'un point de vue de toute évidence trop étroit, celui des intérêts de son ministère de l'Écologie, l'un des plus sévèrement touchés par les économies prévues avec une baisse de 7% des crédits, avait osé dénoncer le budget 2014 comme «mauvais».

Delphine Batho n'avait même pas émis de doutes, comme l'ont fait d'autres auparavant, sur la politique d'austérité. Mais sa critique a suffi pour qu'elle soit limogée au nom du principe de «solidarité gouvernementale».Derrière cette rupture de discipline, ce que Hollande et Ayrault n'ont pas supporté, c'est surtout la critique de leur absence d'engagement sérieux en matière de politique écologiste. Quoi d'étonnant de la part d'un premier Ministre fervent promoteur de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Les députés EELV ont exprimé leur solidarité avec la ministre débarquée. Sans pour autant, eux aussi, dénoncer globalement ce budget comme mauvais parce que budget d'austérité.Il est symptomatique de ce gouvernement Hollande-Ayrault qu'il sanctionne pour la deuxième fois une femme ministre de l'écologie pour tenter de mettre de l'ordre dans sa majorité qui prend l'eau de partout.

Hollande cherche désespérément à imposer son autorité. Il provoque volontairement une mini crise politique pour obliger ministres et députés Verts à se soumettre ou à se démettre.

Une chose est sûre, sa politique d'austérité contre les travailleurs et la population, comme sa politique productiviste et pro nucléaire, servent les seuls intérêts des riches et des patrons. Il est indispensable de préparer les mobilisations pour la mettre en échec en continuant la lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et en engageant la lutte pour la défense des retraites.

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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 05 juil. 2013, 22:16:56


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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 06 juil. 2013, 13:28:07

Olivier Besancenot attendu le 20 septembre à Hennebont 06/07

Olivier Besancenot, l’ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, sera à Hennebont (Morbihan) vendredi 20 septembre pour un débat dans le cadre des municipales.

Un débat

« La venue d'Olivier Besancenot est en relation étroite avec ce qui ce passe à la SBFM, à STX et les entreprises du pays de Lorient, précise Pierre Le Ménahès. Il y aura un débat sur Hennebont, la vie quotidienne, la SBFM, les Forges d’Hennebont, l’hôpital… »

Pas d’alliance avec le PS

L’ancien leader syndicaliste CGT, adhérent NPA depuis septembre 2012, souhaite en effet s’impliquer dans la campagne municipale à venir.

« Il y aura des quatre ou cinq listes, calcule-t-il. Nous n’aurons aucune alliance avec le Parti socialiste au 1er comme au 2e tour. Nous (le NPA) discutons avec le PCF. Une éventuelle alliance sera conditionnée à cela. Mais, on n’en est pas encore là. »

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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 07 juil. 2013, 13:30:23

Isopro : les salaries assurant la sécurité du métro marseillais en grêve NPA 13

Les salariés de la société ISOPRO, affectés à la sécurité du métro/tram/bus de Marseille, sont en grève depuis vendredi 21. L’intersyndicale regroupant FO, UNSA, CFTC et Solidaires (plusieurs drapeaux de Solidaires dans le hall d’entrée du métro), n’a pas pu engager la négociation sur leurs revendications. La direction rencontrée vendredi, n’a rien voulu entendre.

Ils exigent : L’égalité salariale, (coeff. 150 et non 130) et un statut social identique par rapport au contrat que le précédent délégataire de service public, avait signé avec la Régie autonome des transports de Marseille. Ces revendications sont pleinement justifiées du point de vue du Code des Collectivités territoriales et du Code du travail. Mais on voit à quoi aboutissent les Délégations de Service Public (DSP) qui constituent des formes de privatisations de ces services. Elles conduisent la plupart du temps à des statuts et des salaires inférieurs à ceux des employés des services publics comme RTM. De plus, dans cette lutte, on voit que les prescriptions du code du travail concernant la reprise du statut social des salariés des précédents contrats ne sont pas respectées et évoluent à la baisse.

Il est plus que temps que Karim Zéribi, Président de RTM, député européen EELV, Reboud, son Directeur général, la Communauté urbaine et sa Régie, qui sont les autorités organisatrices, mettent fin à ce scandale en rappelant au Gérant d’ISOPRO, Bernard Joseph-Mathieu, ses obligations !

Il est vrai que François Hollande vient de faire l’apologie des partenariats public/privé (PPP) comme moyen pour développer la croissance et mettre fin à la crise. Mais que deviennent les salariés ? La réponse leur appartient, c’est ce qu’ils démontrent. Apportons-leur notre soutien !

1 Note : Les autres revendications des salariés ISOPRO sont une mutuelle santé patronale, avoir accès au logement social grâce au 1% patronal, le paiement du salaire avant le 15 du mois, l’annulation du système imposé par le patron de la modulation ou du non -paiement des heures supplémentaires. 2 Note :En avril 2012, ils avaient mené une lutte avec blocage de l’accès routier au port de Marseille, leur direction avait rompu le contrat avec la direction du port, dont le directeur avait déclaré que « le port est d’abord un client », entrainant la fin du conflit. Aujourd’hui, il semble que ce soit ce que redoutent les salariés avec la direction de la RTM qui, à travers Pierre Durand, le directeur, selon la Provence d’aujourd’hui minimise le conflit d’une part, et d’autre part affecte les contrôleurs RTM à la surveillance des rames.

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