Le NPA

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 14 juil. 2012, 23:12:39

Déclaration des membres du CPN du NPA ayant soutenu la position GA lors de la CN

Le NPA a tenu une conférence nationale pour faire le bilan de la dernière séquence et répondre aux défis de la nouvelle situation politique. La proposition de la GA pour le NPA de rejoindre le Front de gauche pour l'élargir et le transformer a obtenu 22,3 %. L’orientation isolationniste n’a pu être inversée.

Nous avons décidé à l’issue de la conférence nationale des 7 et 8 juillet de quitter la direction du parti (CPN), et pour beaucoup d’entre nous le parti également, que nous avions largement contribué à construire. Nous poursuivons notre engagement au sein de la Gauche Anticapitaliste, dans le cadre du rassemblement qu’est le Front de Gauche, en tant qu'organisation indépendante.

A la création du NPA en 2008-2009, nous avions l’ambition de construire un parti anticapitaliste large, capable d’incarner l’espoir à gauche, un parti qui rassemblerait et fédèrerait le meilleur du féminisme, de l’écologie et du mouvement ouvrier dans la pluralité de ses traditions.

Le NPA a suscité un espoir et rencontré un écho important, mais nous avions sous-estimé les difficultés dans l’euphorie d’une naissance réussie. Le NPA s'est aussi enfermé dans une orientation qui a conduit à sa marginalisation.

Le choix de ne pas se rassembler avec le Front de gauche pour les échéances électorales s’est traduit par un échec aux élections tel que l’extrême gauche n’en avait pas connu depuis quarante ans.

Plutôt que de prendre la mesure de cet échec, amplifié par la perte des 3/4 des militant-e-s d'origine, la majorité nationale du NPA a fait le choix de la méthode Coué (tout ne va pas si mal ou tout ira mieux demain), de la faute à pas de chance (la situation politique est mauvaise) quand ce n’est pas carrément la minorité unitaire (Gauche Anticapitaliste) qui est désignée responsable des difficultés.

Ainsi, au lieu de chercher les convergences avec le Front de gauche en s’appuyant sur son évolution vers la gauche depuis sa création, elle n’a de cesse d’en dénoncer les insuffisances et de rechercher les signes d’une future trahison.

Nous avons proposé en vain de changer d’orientation.

Le PS est au pouvoir depuis quelques semaines et met déjà en œuvre une politique d’austérité. Cette politique conduira à la régression des conditions de vie de la majorité de la population tandis que le FN cherchera à se construire sur le désarroi social.

Dans une telle situation, nous devons œuvrer au développement des mobilisations sociales et écologiques. C’est uniquement sous la pression des luttes que le PS peut être contraint de mener une autre politique. C’est aussi dans l’action collective que se créent les solidarités capables de faire contrepoids au discours de division du FN.

Il faut construire aussi une force politique capable d’être une alternative de gauche au PS dans la perspective d’une rupture avec le capitalisme.

La situation grecque montre qu’après des mois de mobilisations sociales, l’espoir est aussi venu du succès électoral de la coalition de la gauche radicale (Syriza), alors que le KKE et les groupes d'extrême gauche qui avaient choisi l'isolement s'effondrent. De l’autre côté de l’échiquier politique, un parti ouvertement néo-nazi et violent, réalise une percée lourde de menaces.

Dans une situation où la crise économique peut conduire à une course de vitesse entre l’extrême droite et la gauche radicale, aucun des partis à gauche du PS n’a les moyens de relever seul le défi.

Le rassemblement des anticapitalistes, des antilibéraux, des écologistes radicaux, des syndicalistes et des acteurs et actrices du mouvement social est un impératif.

Lors de la campagne présidentielle, le Front de gauche a mobilisé très largement et a porté bon nombre de propositions communes avec celles du NPA. En n’allant pas au gouvernement Ayrault et en refusant de lui accorder sa confiance à l’assemblée, il s’est engagé dans la voie de l’indépendance vis à vis du PS. Il s’oppose aux politiques d’austérité et a l’ambition de construire une alternative politique.

Nous connaissons les limites du Front de gauche, nous connaissons le poids de certains appareils et de certaines mauvaises habitudes en son sein mais il ne peut être résumé à cela.

Aussi, pour nous, au vu de ces éléments, le NPA aurait du intégrer le Front de gauche, afin de retrouver une utilité et une capacité d’action, afin de continuer à faire vivre nos idées. Il n’a pas fait ce choix, pour des questions de préséances ou d’étiquettes, par peur de la dilution qui traduit en fait un manque de confiance dans son projet, ou encore par hostilité à toute idée de rassemblement durable.

Nous voulons un projet qui soit le prolongement, adapté à une nouvelle situation, plus difficile, lourde de menaces mais aussi porteuse d’espoir, de ce qui nous avait animé ou enthousiasmé lors de la création du NPA.

Nous ne cédons rien sur le fond. Nous défendrons le programme qu’avait adopté le NPA dans « Nos réponses à la crise ».

Nous avons la volonté de travailler à la construction et à la transformation, à l’approfondissement et à l’ancrage du Front de gauche.

Nous voulons aussi y faire vivre avec d’autres, un pôle éco-socialiste, un pole rouge et vert.

Nous voulons retrouver une dynamique positive. Nous savons que cette perspective intéresse des camarades, issu-e-s du NPA ou ayant été proches de celui-ci.

Nous sommes conscient-e-s que, au delà de les désaccords importants qui nous conduisent à cette démission, nous partageons ensemble la nécessité de renverser ce système et de construire une alternative anticapitaliste, écosocialiste, luttant contre toutes les oppressions (féminisme, antiracisme, luttes LGBTI) et internationaliste. Nous espérons donc pouvoir nous retrouver.

Membres du CPN signataires :

Hélène Adam (75), Michèle Aldon (63), Manu Arvois (13), Philippe Aymard (21), Louis Marie Barnier (94), Sophie Bietrix (34), Gaël Blanc (48), Fred Borras (31), Antoine Boulangé (94), Marc Boulkeroua (92), Pierre Chapa (35), Boris Chenaud (34), Thomas Danglot (93), Myriam Duboz (25), Catherine Faivre d’Acier (38), Sylvie FayePastor (71), Guillaume Floris (75), Loïc Fortuit (06), Maxime Gaillac (12), Fanny Gallot (75), Laurent Garrouste (75), Joël Goarin (49), Cathy Granier (31 – commission médiation CPN), Ingrid Hayes (75), David Hermet (34), Damien Joliton (93), Mireille Jullien (30), Capucine Larzillière (93), Anne Leclerc (75), Laurence Lyonnais (75), Jean Malifaud (75– commission médiation CPN), Pierre Martial (87), Myriam Martin (31), Olivier Martin (94 – commission médiation CPN), Monique Migneau (92), Roxanne M. (75), Olivier Mollaz (75), Violette M. (75), Bruno Percebois (75), Agathe Pibarot (30), François Portal (67), Julien Rivoire (93), Myriam Rossignol (86), Laurent Sorel (75), Thomas Vacheron (43), Jean Paul Valette (24), Francis Vergne (63), Flavia Verri (75), Coralie Wawrzyniak (77), Fred Yermia (44), Sophie Zafari (93)

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wesker
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Re: Le NPA

Message non lu par wesker » 15 juil. 2012, 14:10:37

Je comprend, Georges, l'attitude qui consiste à refuser tout compromis, mais il ne faut pas confondre compromis avec reniement et compromissions.

En ce qui me concerne, j'estime que le front de gauche devra répondre à des questions de positionnement et de responsabilité, le moment venu. En ce début de mandature, ses élus auront à répondre sur la question du traité de Bruxelles qui introduira le pacte budgétaire assortie d'un plan de croissance qui n'est que cosmétique, au regard des enjeux européens. On évoque 120 milliards dont 80 milliards furent déjà prévus au titre de la mobilisation des fonds structurels et on oublie qu'il y a peu, la BCE a injecté 1000 milliards d'euros dans le circuit bancaire dont nul ne sait ce qu'ils sont devenus !

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 15 juil. 2012, 17:12:45

Entretien avec Philippe Poutou : Bon baisers de l’usine

Au terme d’une campagne présidentielle un peu morne, le candidat du NPA Philippe Poutou avait réchauffé nos petits cœurs en jouant les histrions sur les plateaux de télé. Depuis, ce syndicaliste salarié chez Ford a retrouvé les joies de la vie normale, loin de la présidence normale. En complément de l’entretien publié dans le Snatch Magazine #13 dans lequel il revient sur les dessous de sa campagne en détails, nous vous proposons la seconde partie non-publiée dans le magazine, celle où il nous raconte la vie de tous les jours et les sequestrations de patron. En gros, le quotidien tranquille entre Higelin et les bastons en réunion.

Les goûts cinématographiques et musicaux d’un homme politique doivent-ils forcément dépendre de son orientation ? Vous pourriez écouter du Rick Ross, soit un rappeur aux accents terriblement capitalistes ?

Je crois bien que je peux tout aimer. Je pense qu’il peut y avoir des artistes ou des choses qui, politiquement, ne sont pas du tout de mon bord et que, heureusement, je peux aller voir. À une exception près quand même : quand on sait par exemple que Clavier et Reno soutiennent Sarkozy, là, ça devient symboliquement impossible pour moi. Mais de toute façon, ce n’est pas très grave vu que les films de ces types sont toujours des films à la c...

(...)

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 17 juil. 2012, 00:33:47

En France, LO et le NPA bloquent la lutte contre les suppressions d’emplois chez PSA Kumaran Ira

Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et le groupe Lutte ouvrière (LO) ont réagi à l’annonce de la société automobile française PSA de supprimer 8.000 emplois en tentant de bloquer une lutte de la classe ouvrière contre cette suppression et en liant l’opposition populaire à la bureaucratie syndicale. Leur objectif est de canaliser l’opposition derrière des protestations symboliques et de créer les conditions favorables permettant à la direction de PSA d’imposer les coupes.
Jean-Pierre Mercier est le délégué de la Confédération générale du Travail (CGT) à Aulnay, l’usine de PSA qui est touchée par le projet de fermeture, et il était le porte-parole de la candidate présidentielle de LO, Nathalie Arthaud. Il a cyniquement déclaré, « Philipe Varin [le PDG de PSA] nous a déclaré la guerre, nous allons lui faire la guerre. »
Il a insisté néanmoins en disant que les travailleurs doivent « organiser la lutte » qui « démarrera en septembre. » Il n’a pas expliqué pourquoi la classe ouvrière devait attendre deux mois avant de monter une offensive contre ces coupes profondément impopulaires et planifiées lors des discussions conjointes entre les syndicats, la direction de PSA et le gouvernement du Parti socialiste du président nouvellement élu, François Hollande.
Si LO propose un délai de deux mois avant de prendre une quelconque mesure concrète contre les réductions, ce n’est pas parce qu’ils ont été pris à l’improviste. LO, le NPA et les syndicats sont au courant des suppressions depuis plus d’un an. L’année dernière, la CGT avait publié un document confidentiel de PSA qui exposait des projets de fermeture des usines d’Aulnay-sous-Bois (suppression de 3.600 emplois), de Sevelnord à Hordain dans le Nord de la France (2.800 emplois) et d’une usine à Madrid (3.100 emplois).
Les travailleurs d'Aulnay ont dit que l’usine est en train d’être progressivement fermée et son inventaire réduit en anticipation de sa fermeture. « Voir : « Rassemblement à l’usine automobile PSA d’Aulnay en France »
Dans un article du 12 juillet intitulé « CCE de PSA-Citroën : une déclaration de guerre contre les travailleurs », LO a décrit le plan de suppression d’emplois de PSA comme suit : « C’est la fin du secret de polichinelle. C’est un véritable crime, un crime social contre les travailleurs. »
En ce qui concerne le NPA, il a déclaré, « Après un an d’enfumage, la direction du groupe PSA confirme ce que tout le monde savait depuis un an : la fermeture de l’usine d’Aulnay en 2014. »
La question que soulèvent ces commentaires est la suivante: si la CGT, LO et le NPA savaient tous que ces suppressions étaient prévues, pourquoi n’ont-ils pas préparé une lutte plus tôt en en faisant un enjeu politique lors des élections présidentielles de 2012 ? La réponse est qu’ils sont hostiles à une mobilisation de la classe ouvrière dans une lutte contre la direction de PSA et contre Hollande dont tant LO que le NPA ont soutenu l’élection, le qualifiant de moindre mal par rapport au président droitier sortant, Nicolas Sarkozy.
LO et le NPA tentent de reporter à septembre une action contre les suppressions d’emplois parce qu’ils espèrent maintenir la colère des travailleurs sous le contrôle de la bureaucratie syndicale qui est en train de négocier les coupes sociales et les suppressions d’emplois avec Hollande. Représentant une couche aisée de la classe moyenne qui est coupée de la classe ouvrière et politiquement orientée vers le PS, ils s’efforcent d’aider Hollande à imposer les coupes.
LO et les syndicats cherchent à désarmer la classe ouvrière en promouvant les illusions selon lesquelles Hollande tentera d’aider les travailleurs. Arthaud a affirmé sur la chaîne de télévision publique France 2 : « le gouvernement s’est montré ‘complice’ dans l’affaire PSA car il a été ‘passif’. » Elle avait espéré que Hollande déclarerait les suppressions « nulles et non avenues. »
C’est un rêve chimérique. En fait, le PS collabore étroitement avec les grosses entreprises et les syndicats pour réduire drastiquement les emplois et les dépenses sociales en France et pour renforcer la compétitivité des entreprises françaises.
Alors même que PSA annonçait des licenciements de masse, Hollande était en train de préparer l’octroi de davantage de fonds publics aux géants de l’automobile. En parlant des licenciements, Hollande a dit : « Le gouvernement a réagi comme il convenait avec la nomination d’un expert, la volonté de revoir ce qui a été présenté et d’avoir un plan pour l’industrie automobile qui sera présenté au mois de juillet. »
Bien que le NPA et LO soient parfaitement conscients que le PS est attaché à une politique anti-ouvrière, ils ont inconditionnellement appelé à voter Hollande le 6 mai lors du deuxième tour des élections présidentielles.
A présent, ils continuent de dépeindre de façon positive Hollande et le « dialogue social » anti-ouvrier des syndicats. Dans un article du 12 juillet, le NPA écrit : « A l’opposé du sommet social et du dialogue social, c’est bien une guerre sociale qu’engage PSA. »
En fait, les licenciements de masse chez PSA forment un tout avec la récente conférence sociale organisée par Hollande avec les syndicats et les associations d’employeurs et qui a approuvé les coupes sévères, notamment dans le financement des dépenses sociales et de la « flexibilité » du marché du travail. « Voir : « France: La Conférence sociale expose les grandes lignes des attaques massives contre la classe ouvrière »
De même, les syndicats avaient à maintes reprises entamé un « dialogue social » avec l’ancien président Nicolas Sarkozy alors même que celui-ci réduisait drastiquement les droits à la retraite des travailleurs et imposait des suppressions d’emplois dans le secteur public, des fermetures d’usines et des attaques contre l’éducation nationale. Les syndicats et les groupes petits-bourgeois de « gauche » comme LO et le NPA insistaient pour dire qu’il ne pouvait y avoir de lutte politique contre Sarkozy, uniquement de brèves protestations organisées par les syndicats.
Ils restent absolument muets sur le rôle du syndicat américain des travailleurs de l’automobile (American Auto Workers, UAW) durant le renflouement en 2009 de l’industrie automobile. Il avait contribué à imposer des réductions de plus en plus dures contre les travailleurs de l’automobile à Detroit – des fermetures d’usines, une baisse de 50 pour cent des salaires des travailleurs nouvellement embauchés, des réductions des soins de santé et de la retraite. L’UAW est actuellement en train de collaborer avec les syndicats des entreprises automobiles affilées à GM de par l’Europe, dont Opel, Vauxhall et PSA.
Au moment où les syndicats sont en train de préparer une trahison chez PSA, le NPA et LO cherchent une fois de plus à subordonner les travailleurs à la bureaucratie syndicale. Dans un article du 12 juillet, le NPA écrit : « La mobilisation non seulement dans le groupe PSA ou dans la filière automobile mais à tous les salariés doit s’amplifier. L’ensemble des organisations syndicales, du mouvement social et des organisations politiques doit s’y employer. »
En d’autres termes, les travailleurs doivent rester sous le contrôle politique d’organisations déterminées à collaborer avec le gouvernement pour faire accepter des coupes dures à leur encontre.
Les travailleurs de l’automobile sont confrontés non seulement à une lutte contre PSA mais aussi contre les syndicats et leurs « défenseurs » petits-bourgeois tels le NPA et LO qui cherchent à désorienter les travailleurs et à retarder le déclenchement des luttes de classes. La tâche urgente devant laquelle se trouvent les travailleurs de l’automobile est de lutter contre les coupes en se mobilisant dans une lutte politique contre l’austérité, le gouvernement Hollande et ses partisans petits-bourgeois.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 18 juil. 2012, 01:58:32

Olivier Besancenot apporte son soutien à une grève à Pizza Hut à Paris 17 juillet 2012

Un rassemblement a eu lieu devant un des magasins de la chaîne de pizzeria Pizza Hut, le 17 juillet 2012, avenue de Wagram à Paris.

Olivier Besancenot ainsi qu'une vingtaine de manifestants se sont retrouvés dans le 17e pour soutenir la cause de Jalel, un employé et délégué syndical qui vient d'être convoqué dans le cadre d'une procédure disciplinaire.

Ancien gréviste de l'unité Pizza Hut de Neuilly, Jalel est devenu représentant syndical au CE en dépit de la contestation de l'employeur,

photos

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 21 juil. 2012, 23:30:00

RÉUNION NATIONALE DU NPA DES 7 ET 8 JUILLET Hebdo Tout est à nous ! 157 (12/07/12)

La majorité des camarades de la GA a décidé de quitter le NPA et de rejoindre le Front de Gauche. Leur résolution a obtenu, dans les 92 AG préparatoires, 22,25 % des voix, mais des camarades qui ont voté pour cette orientation ne quitteront pas le NPA ; d'autres encore n'iront pas au Front de Gauche. Nous regrettons le départ de ces camarades, ils se trompent. Près de 80 % des militantes et militants ont refusé ce choix. Parmi elles et eux, la plateforme F recueille 39, 72 % des voix, la I 23, 04 % des voix, la E 6, 4 %, la H 5, 38 %. Des plateformes locales ont recueilli 3, 21 % des voix. Les 254 délégueEs se répartissaient de la manière suivante : position F 102 délégués, I 59, G 57, la E 16 et H 13 et 7 délégués sur des plateformes locales.
À l'issue des débats, le texte proposé par la position F a été majoritaire, avec 112 voix, le texte I a recueilli 60 voix, le texte G 59, le texte E 20 et le texte H 18.
La motion dite « démarche pour une refondation » a recueilli 93 voix, 28 contre, 43 abstention alors que 83 délégués n'ont pas participé au vote. Ce vote exprime un large intérêt à propos des questions ayant trait au fonctionnement de notre parti mais aussi le souci de prendre le temps d'élaborer collectivement des réponses.
Un large accord s'est exprimé dans le parti dans l'objectif de poursuivre et de relancer notre projet de rassemblement des anticapitalistes et pour refuser de rejoindre le Front de Gauche. Des différences se sont exprimées sur la politique à mener en direction du Front de Gauche et sur la perspective de construire une opposition de gauche au gouvernement Hollande-Ayrault. Elles n'ont pas permis que sorte de cette CN une déclaration de rassemblement. Le débat continue, cette CN donne en effet le coup d'envoi du congrès qui doit se tenir début décembre. Une nouvelle phase de construction du NPA commence. Cela exige des bilans, des discussions sur notre projet et les moyens de surmonter nos faiblesses politiques, organisationnelles, démocratiques et de direction. Un chantier s’ouvre à partir des comités, sans préalables de tendances, pour élaborer ensemble les voies et moyens de relancer une dynamique à la hauteur de notre projet.
YL

Plateforme E Malgré le départ de la GA, la direction maintient l’idée d’un « front avec le Front » et refuse de donner priorité à la lutte des classes

La CN n’a pas résolu la crise du parti. Les débats ont été bâclés, réduits en bonne partie à la question du FdG, alors que la situation politique et de nombreuses contributions exigeaient qu’on discute des moyens de relancer le NPA, de son orientation en général, de son fonctionnement et de la façon d’aborder la rentrée.
La GA part certes au FdG, mais la direction mise en place l’an dernier pour la présidentielle a explosé. La majorité de cette direction (plateforme F), qui a recueilli 39, 7 % des voix pour l’élection des délégués, n’a obtenu lors de la CN qu’une majorité artificielle de 8 voix (sur 216 exprimées), due au jeu du vote « non contradictoire » qui a permis à des délégués GA, voire I, de voter pour la plateforme F en plus de la leur. La F, qui prétendait rassembler le parti, n’a même pas essayé de trouver un accord avec les camarades de la I, qui avaient pourtant dirigé le parti avec elle depuis un an et dont la plateforme ne consistait qu’en deux amendements à la sienne. Son but était de reprendre le contrôle de la direction qu’elle avait dû partager avec sa gauche. Elle a mis un coup de barre à droite pour s’allier avec les membres restants de la GA sur l’objectif d’un front politique avec le FdG sous prétexte d’une « opposition de gauche » à Hollande. C’est donc reparti pour une tentative d’alliance avec les réformistes, malgré l’impasse de 2009-2011, au lieu de construire le NPA par en bas.
Les camarades de la I n’ont pas su rompre à temps et engager le combat contre cette ligne opportuniste. Avant la CN, au lieu d’une vraie plateforme alternative, que nous proposions à toute la gauche du parti, ils ont poursuivi leur démarche habituelle de compromis sur la base d’un texte flou, jusqu’à ce que la direction leur refuse deux ultimes amendements (clarification partielle sur le FdG et priorité aux luttes). Or ces amendements ne suffisaient pas à faire une orientation et cette démarche a non seulement entraîné la séparation de la Fraction Étincelle (plateforme H), mais aussi cautionné la restriction des débats à la question du FdG, entravant les discussions de fond, y compris sur la façon d’intervenir dans les luttes. Finalement, leur texte de rassemblement minimal à la CN, bien qu’il maintienne l’objectif faux d’une « opposition de gauche », s’est heurté au refus de la F.
Néanmoins, les camarades de la I ont maintenu le contenu de leurs deux amendements et, face à l’arrogance de la F, élaboré avec la H un projet de déclaration qui affirme une totale indépendance à l’égard du FdG, fixe l’objectif de s’implanter dans les lieux de travail, propose une campagne contre les licenciements et des mots d’ordre justes. Nous avions annoncé que, tout en défendant notre plateforme E, nous poursuivions inlassablement notre combat pour rassembler la gauche du parti autour d’éléments d’orientation. Nous avons donc proposé des amendements à ce texte, notamment l’exigence de réquisition sous contrôle des travailleurs des entreprises qui licencient et la convergence de nos mots d’ordre sur la nécessité d’un gouvernement des travailleurs. Ces amendements ont été acceptés : bien que le texte final I-H-E ne soit ni assez clair sur le programme, ni assez concret pour les luttes, nous l’avons voté car c’est un important pas en avant. Il a obtenu 89 voix, 38, 8 %. Il faut maintenant que toutes celles et ceux qui approuvent cette orientation la mettent en œuvre, ensemble.
La direction a imposé cette CN pour préparer le congrès en position de force ; ses résultats indiquent clairement à toute la gauche du parti ce qui lui reste à faire. Les discussions de fond doivent s’ouvrir enfin sur le bilan du NPA, le programme et la stratégie.

Délégation de la plateforme E


Plateforme F Rassembler les anticapitalistes, toujours à l'ordre du jour

Nous regrettons la décision de la majorité des camarades de la Gauche anticapitaliste de rejoindre le Front de Gauche. Nous avons combattu cette orientation et nous regrettons ce choix que nous considérons comme une erreur préjudiciable aux anticapitalistes. Ces camarades feront leur expérience, nous continuerons à débattre et agir avec eux, à confronter les expériences et bilans. Mais nous savons que leur prétention à influencer le Front de Gauche de l'intérieur est vaine. Pour peser sur les militants les plus combatifs du Front de Gauche, ses courants anticapitalistes, exercer notre influence politique, il faut nous en donner les moyens en gardant notre pleine indépendance.
Les discussions tant dans les AG préparatoires que lors de la CN font apparaître une large volonté de rassemblement sans être prisonnier des clivages de tendances pour sortir d'une longue lutte interne qui a considérablement affaibli notre mouvement. Les réunions de commissions durant la CN ont permis de riches échanges croisés.
Les camarades qui se sont retrouvés dans la démarche de rassemblement initiée par la plateforme F ont essayé de renforcer cette politique, de l'élargir à partir des discussions dans les AG. Malheureusement, et paradoxe de la CN, cette volonté s'est heurtée aux choix politiques des camarades de la plateforme I, choix qu'ils avaient annoncé dans leur tribune du numéro précédent de Tean. Pour eux, il n'était plus question de travailler avec nous au rassemblement à partir de la matrice commune des textes F et I. Ils s'en sont dégagés pour rechercher à rassembler non le parti mais les tendances minoritaires, la H et la E. Ils ont donc repoussé nos propositions de rédiger une déclaration à partir de notre matrice commune et de leurs amendements pour en rédiger une avec la H et la E. Cette déclaration vide la question de l'opposition de gauche de tout contenu en particulier à l'égard du Front de Gauche vis-à-vis duquel il ne serait plus possible d'avoir une politique spécifique. Elle a servi à construire un attelage hétéroclite avec les minorités. De même nos camarades de la I ont proposé un texte court qui prétend lui aussi rassembler mais en fait s'adresse aux mêmes et dont deux versions ont été votées : l'une sans la mention d'opposition de gauche, l'autre avec ! La plupart des camarades de la I ont voté les deux versions !
Pour rassembler il est nécessaire de garder sa propre cohérence. Nous regrettons ce volte-face. Cela dit, notre texte est majoritaire, il recueille 112 voix, 104 contre sur 251 votants sur ce texte, soit 51, 85 % des exprimés et 44, 62 % des votants. Ce vote amplifie les votes des AG d'autant que les votes pour le texte I qui reprend, sur l'essentiel, la même orientation, vont dans le même sens. Une nette majorité se retrouve ainsi dans la démarche définie par les deux textes : la nécessité d'un parti anticapitaliste indépendant capable de se donner les moyens de prendre des initiatives pour aider aux luttes tout en travaillant à la plus large unité et en militant pour construire une opposition de gauche au gouvernement Ayrault-Hollande. C'est ce fait politique essentiel que nous retiendrons, au-delà des hésitations et faux pas, pour continuer à rassembler au-delà des tendances actuelles en faisant vivre la démocratie.
Cette CN ouvre la discussion pour le congrès sur le bilan du NPA, la période, notre orientation et nos priorités ainsi que sur les questions de fonctionnement et de démocratie dont la vote majoritaire pour la motion « Démarche pour une refondation » souligne la place importante dans les préoccupations des camarades.
Le débat est ouvert, l'Université d'été en sera la prochaine étape pour contribuer à donner un second souffle au NPA...


Plateforme G Déclaration de la Gauche anticapitaliste

Conformément à la décision prise le 13 mai, la Gauche anticapitaliste a mené des discussions avec le Front de Gauche pour « vérifier les possibilités et réunir les conditions de son intégration » en son sein.
Aujourd’hui, la Gauche anticapitaliste constate que la condition politique qu’elle posait, à savoir le refus de participer au gouvernement Hollande et de soutenir sa politique, est remplie. De son côté la réponse du Front de Gauche est positive.
Sur la base de ces vérifications, en fonction des considérants politiques contenus dans la résolution adoptée à sa réunion nationale des 12 et 13 mai et dans la résolution proposée au NPA dans le cadre de sa CN, la Gauche anticapitaliste décide, le NPA s’y étant refusé, d’engager elle-même cette démarche en tant qu’organisation indépendante.
Elle y œuvrera au regroupement des forces écosocialistes sur la base, notamment, du programme contenu dans le document « Nos réponses à la crise ». Elle s'inscrira favorablement dans les réflexions pour élargir et transformer le Front de Gauche. Dans ce processus, la GA œuvrera au regroupement des forces politiques et équipes militantes anticapitalistes et écosocialistes.
Afin de participer à l’élaboration plus précise du contenu de son orientation politique, ainsi que d’avancer dans sa structuration organisationnelle, la Gauche anticapitaliste appelle toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cette orientation et cette démarche à la rejoindre.

Plateforme H Pour une nouvelle implantation du NPA dans les entreprises, quartiers populaires, universités et lycées

Les orientations du gouvernement de Jean-Marc Ayrault et du quinquennat Hollande sont clairement affichées. Mis à part quelques réformes sociétales, droit de vote des immigrés aux élections municipales, égalité de droits pour les couples homosexuels, introduction d’une part de proportionnelle aux élections législatives, qu’il reste encore à inscrire dans la loi, le président et le gouvernement PS entendent consacrer tous leurs efforts à sortir le capitalisme de la crise, autrement dit à la faire payer au monde du travail. Leur politique est dans la stricte continuité de celle de leurs prédécesseurs, le symbole en étant le maintien intégral du plan de ces derniers pour réduire le déficit budgétaire et la dette jusqu’en 2017.
Dans une situation de crise qui sert de prétexte à une offensive redoublée des capitalistes, et au gouvernement à couvrir cette offensive de son autorité, le NPA affirme son opposition radicale et intransigeante au gouvernement Hollande-Ayrault. Mais quelles implications concrètes ?
Le gouvernement et son ministère du Redressement productif n’ont ni les remèdes ni même la volonté de remédier à la vague de licenciements qui déferlent dans le privé. Cela demanderait de s’attaquer aux profits et à la propriété capitalistes. Bien plus Ayrault orchestre lui-même cette politique par le maintien sinon l’accélération des suppressions de postes dans le public. Et la pression du chômage, la ponction des revenus nécessaire à redresser le budget et payer la dette, ne peuvent qu’aboutir à une baisse réelle des salaires.
Les militants du NPA doivent se battre sur tous les fronts où ils interviennent, avec les alliés qu’ils trouveront pour le faire. Mais dès maintenant, le parti doit engager une campagne prioritaire sur les préoccupations essentielles actuelles du monde du travail : l'emploi et les salaires, pensions et allocations, préoccupations dont on peut prévoir qu’elles seront les motivations et les objectifs principaux d’une éventuelle mobilisation d’ensemble dans cette période de crise.
Cette campagne peut se faire autour des axes et mots d’ordre du plan d’urgence anticapitaliste déjà mis en avant, entre autres dans les dernières campagnes électorales. Elle doit être liée à l'intervention des militants du NPA dans les luttes, qui vise à sortir de l'éparpillement entreprise par entreprise et convaincre les travailleurs en lutte de s'adresser aux autres travailleurs concernés. Car si actuellement le secteur automobile est sur le devant de la scène, pas une branche d'activité n'est épargnée et de nombreuses réactions sont prévisibles.
Le NPA doit s’affirmer prêt à mener cette campagne avec toutes les organisations, politiques, syndicales et associatives qui disent défendre les intérêts des classes populaires. Mais il ne doit pas attendre leur accord, pas plus que l’unité d’action qu’il leur propose, pour l’entamer.
Pour que cette campagne ne reste pas sur le papier, il faut que le parti en fasse réellement sa priorité, que la direction l’impulse et la centralise, que tous ses militants, pas seulement ceux d'entreprise, contribuent à cet effort, que celui-ci ne se résume pas à une éphémère apparition mais vise à une implantation durable dans les milieux populaires et notamment les lieux de travail.
Aurélien (75), Zara (93)

Plateforme I Pour sortir de la crise interne : il est temps de tourner le parti vers l’action !

La CN est donc passée. Chaque comité en tirera ses enseignements et ses bilans, mais une chose est sûre cette CN n’aura pas reflété le vote des comités. Alors que les comités avaient majoritairement – et pas à huit voix près – voté pour les deux amendements de la plateforme I, les délégués de la CN les ont massivement rejetés
Alors que les comités ont majoritairement rappelé que nos désaccords avec le Front de Gauche n’étaient pas que conjoncturels mais bien pratiques, programmatiques et stratégiques, les délégués ont massivement dit le contraire. Alors qu’une majorité de camarades ont voulu indiquer dans leurs comités qu’il était temps de prioriser nos interventions et de subordonner les élections à nos priorités de construction et de mobilisation, le choix des délégués a été de remettre cette discussion à plus tard. Il s’agit d’un grave problème que nous avons été les seuls à relever. Preuve s’il en était que les questions de fonctionnement ne peuvent être déconnectées des questions d’orientations.
Désormais, les camarades de la F tordent la réalité en affirmant qu’une orientation majoritaire solide est ressortie de ce week-end. Ils prennent appui sur huit voix de plus en faveur de leur texte lors du vote non contradictoire. Mais ils oublient au passage que le projet de résolution pour une campagne à la rentrée, que nous avons soumis au vote, n’a été rejeté qu’avec les voix de la quasi-intégralité des 57 délégués de la GA. C’est-a-dire grâce aux voix de camarades qui ne seront plus au NPA pour appliquer cette campagne, mais qui ont voulu peser contre avant de partir.
Cette CN n’a donc pas résolu la crise de direction et d’orientation du NPA. Aucune orientation n’en ressort clairement majoritaire. Et ce ne sont pas des artifices qui y changeront quelque chose.
Que faire alors ? Tout au long de la CN, notre choix a été de donner un contenu au nécessaire rassemblement en proposant une orientation au travers d’une campagne de rentrée. Nous regrettons que les délégués de la F n’aient pas voulu participer à cette démarche qui, par divers amendements, a rassemblé les délégués de la E, H et I. Cette démarche, nous le savons, est bien plus largement partagée dans le parti.
Il s’agit donc de lancer le parti dans une campagne contre les mesures d’austérité, pour répondre aux préoccupations essentielles du monde du travail : emploi, salaires, pensions et allocations. Cette campagne peut se faire autour des axes et mots d’ordres d’un plan d’urgence anticapitaliste : interdiction des licenciements et suppressions de postes dans le privé et le public, augmentation immédiate des salaires, pensions et allocations sociales, contrôle des salariés et de la population sur les comptes, réquisition sous contrôle des travailleurs dans les entreprises qui ferment ou licencient.
Cela implique que le parti en fasse sa priorité, que la direction l’impulse et la centralise, que touTEs ses militantEs, pas seulement celles et ceux d'entreprise, contribuent à cet effort, que celui-ci vise à une implantation durable dans les milieux populaires et notamment les lieux de travail. Pour pouvoir avancer dans cette direction, la coordination des militants d’un même secteur ainsi que l’élaboration d’une politique dans les secteurs en question est une étape indispensable. Cela suppose la sortie d’un matériel spécifique : tracts, affiches et un planning de réunions publiques.
C’est en tournant le parti vers l’action que nous sortirons de la crise actuelle et qu’une majorité de direction verra le jour.
Antoine Larrache, Armelle Pertus, Gaël Quirante, Jean-Baptiste Pelé, Jean-François Cabral, Marie-Hélène Duverger, Mathilde Stein

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 22 juil. 2012, 23:33:00


Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 24 juil. 2012, 01:14:36

Nouveau divorce au NPA

Ce week-end, la Gauche anticapitaliste, courant unitaire au sein du NPA, a officiellement rejoint le Front de Gauche, laissant le parti d’Olivier Besancenot et Philippe Poutou plus isolé que jamais.

Le divorce est consommé. Deux conférences de presse, organisées le même jour mais à deux heures d’intervalle, et dans deux endroits séparés : le NPA et son courant, la Gauche anticapitaliste (GA), sont ressortis, dimanche, de leur conférence nationale, comme deux mouvements politiques désormais distincts. Si le texte F, s’opposant à une entrée du NPA dans le Front de Gauche, a remporté presque 40 % des suffrages (sur 2 119 votants), la GA, créditée de plus de 22 %, a définitivement quitté l’ancien parti de Besancenot pour rejoindre le Front de Gauche. Et avec elle, plusieurs centaines de militants. Une troisième vague de départs en trois ans, qui fait retomber le NPA à moins de 3 000 adhérents, loin des années fastes de Besancenot, qui rassemblait alors près de 9 000 militants, et même, en deçà des premières heures de la LCR...

(...)

Georges
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Re: Le NPA

Message non lu par Georges » 24 juil. 2012, 13:26:45

Il est vrai que le texte de la GA a récupéré 22% des voix, mais seulement la moitié de ses 22% à quitté le NPA, et ils l'avaient déjà quitté officieusement depuis plusieurs mois vu qu'ils avaient fait campagne pour Mélenchon. Je ne serais pas surpris que déçu par les prises de positions du FG, un bon nombre revienne.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 29 juil. 2012, 02:20:29

PSA : « NOUS SERONS LE CAUCHEMAR DE VARIN »

Enfin une manifestation populaire place de l’Etoile : près de 1500 manifestants des entreprises de l’automobile auxquels se sont jointes des délégations de Sanofi et d’Air France sont venus s’associer à la mobilisation des salariés de PSA Aulnay.

Dès la première heure, la Direction du groupe PSA tentait de prendre l’initiative en étalant un bilan financier catastrophique : 819 millions d’euros de pertes imposant un plan d’économies de 1, 5 milliards. Pourtant l’an passé le groupe avait versé un total de 449 millions d’euros de dividendes et de rachats d’actions, cumulé 10 milliards de bénéfices depuis 10 ans et le PDG annonçait l’an passé 11 milliards d’euros de réserves financières sans parler des 4, 5 milliards d’euros que la famille Peugeot a mis de côté en Suisse.

Tout cela pour justifier toujours plus le massacre social engagé par le groupe : la totalité des 3 000 postes du site d'Aulnay, 1 400 postes à Rennes sur 5 600, 3 600 hors production, dont 1 407 pour la recherche et le développement, 1 325 à la direction industrielle, 570 à la direction des marques, 284 dans les autres directions. Chiffres à multiplier par quatre en emplois indirects.

Dans la foulée le gouvernement annonçait un nouveau plan d’aide à la filière automobile, c’est-à-dire aux patrons de la branche. L’inutile le dispute au ridicule. Des aides aux voitures hybrides ou électriques c’est-à-dire pour un dixième de la production dans tous les cas. Pour la voiture électrique, PSA n’est pas dans la course et Renault vient de repousser sa sortie à 2013. Pour le véhicule hybride pour lequel PSA est le seul concerné avec un prix de vente de 30 000 euros, la mesure ne concernera que la partie la plus aisée des clients Peugeot. Quant aux aides aux sous traitants et équipementiers, l’expérience précédente d’une telle mesure a montré que cela ne limite en rien les restructurations et liquidations d’emplois sous la pression des réductions de coûts imposés par les grands groupes d’assembleurs.

Quant au ridicule il est atteint par la demande aux cinéastes et publicitaires de vanter les mérites de l’automobile française !

Et toutes ces aides au patronat se font sans la moindre demande de contrepartie ni industrielle ni sociale. Pas une exigence par rapport au PSE mis en route dans la matinée par PSA.

Les bonnes nouvelles sont à mettre du côté de la mobilisation. Près de 2000 manifestants un 25 juillet devant le siège de PSA, c’est une bonne préparation de l’indispensable bataille de la rentrée. La présence de toutes les organisations syndicales de tous les sites de PSA, de délégations de Renault Cléon, d’Air France, de Sanofi montre que la cause d’Aulnay ne saurait être défendu seule. C’est toute la branche automobile, mais aussi toutes celles et tous ceux qui sont concernés par des suppressions d’emplois et des fermetures de sites qui doivent se mobiliser. La responsabilité des fédérations et confédérations syndicales est engagée. Présence discrète pour la Fédération Métallurgie CGT, sans appel à l’ensemble des structures, des salariés à se mobiliser devant le siège de PSA.

Bonne nouvelle aussi avec l’accord de l’ensemble des élus des différents syndicats pour mettre un frein au déroulement du PSE. La désignation d’un expert doit permettre de mettre à jour la réalité de la situation industrielle, financière et sociale de PSA. Et de proposer des alternatives qui sauvegarderaient emplois et sites de production. Bien sûr, la direction de PSA ne sera pas convaincue par ces arguments, mais ils peuvent servir de point d’appui pour convaincre, mobiliser ceux qui à Aulnay ou ailleurs sont encore hésitants ou fatalistes. L’expropriation d’un patron tricheur qui sacrifie l’emploi de milliers de salariés pour préserver les dividendes des actionnaires est à l’ordre du jour. À Aulnay, comme partout, nous devons nous battre pour l’interdiction de tous les licenciements et suppressions de postes. Comme l’a déclaré un salarié d’Aulnay : « nous mettons les élus et leurs votes sous surveillance. Si ceux-ci ne nous conviennent pas nous les désapprouverons dans la lutte ».

La matinée s’est conclue par un aller-retour place de l’Etoile siège de PSA, avec les militants du NPA, avec badges, drapeau et tracts. Rendez-vous pour toutes et tous dans les derniers jours de septembre avec l’échéance du Mondial de l’automobile en ligne de mire.

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 30 juil. 2012, 00:37:42

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Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 31 juil. 2012, 00:47:01

Olivier Besancenot, en librairie à la rentrée ! 30/07

Olivier Besancenot publiera à la rentrée littéraire prochaine On a voté… et puis après.

Dix ans après Tout est à nous ! (Denoël), le plus célèbre facteur de France reviendra en librairie le 13 septembre prochain avec On a voté… et puis après, un essai bien évidemment politique publié aux éditions du Cherche-midi.

(...)

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 01 août 2012, 00:55:27

Trois ans après sa fondation, où en est le NPA ?

Au sortir des deux élections de ce printemps 2012, les scores du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et de Lutte Ouvrière ont été sensiblement les mêmes – c’est-à-dire plus que modestes. En ce qui nous concerne, cela ne nous a nullement surpris, car nous étions convaincus que, dans cette période de recul et de profonde démoralisation, les révolutionnaires ne pouvaient pas espérer rallier sur leurs candidatures un nombre important de voix.
Malgré les apparences, et les commentaires appuyés des journalistes qui ne voient pas au-delà de celles-ci, Lutte Ouvrière et le NPA n’ont pas fait la même campagne, ni sur le fond, ni sur la forme, et n’ont pas milité sur les mêmes objectifs. À la différence de Nathalie Arthaud, qui a fait campagne dans le seul but de populariser des idées susceptibles de guider les luttes de l’avenir, la campagne du NPA s’est davantage déroulée comme en contrepoint de celle du Front de gauche (FdG). Cette course entre le NPA et le Front de gauche ne pouvait évidemment que tourner à l’avantage du second. Mais, nous le verrons, le NPA y a perdu des plumes, des militants, et une partie de sa direction. Cette situation n’est aucunement le fruit du hasard, mais bien davantage la conséquence des choix politiques et organisationnels du NPA depuis 2009.

2009-2012 : un petit tour et puis s’en vont…

Rappelons que la dissolution de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et la fondation du NPA datent de février 2009, faisant suite aux petits succès électoraux d’Olivier Besancenot aux présidentielles de 2002 et de 2007. Les dirigeants de la LCR avaient alors estimé que le moment était venu de jeter à la benne, au propre comme au figuré, l’héritage trotskyste de leur organisation, et de créer un parti « anticapitaliste », dont le ciment était bien plus la nouvelle popularité d’Olivier Besancenot qu’un programme politique clair. Se réclamant tout à la fois de l’anticapitalisme, de l’écologie, du féminisme, de l’antiracisme, de l’altermondialisme, du socialisme, du syndicalisme, bref, de tout, sauf du communisme, le NPA a, dans les premiers temps, suscité un petit engouement non seulement dans les milieux intellectuels de gauche regrettant que le Parti socialiste se « droitise » de plus en plus, mais y compris parmi certains travailleurs ou militants syndicaux séduits par l’idée de construire « un parti vraiment à gauche ». Pas un parti communiste, même pas un parti révolutionnaire ! Un parti, pour reprendre les termes mêmes des textes fondateurs du NPA, qui « se nourrit du féminisme, de l’anticolonialisme, de l’antiracisme comme des luttes contre toutes les discriminations. Un parti qui donne une tonalité clairement anticapitaliste à l’écologie politique radicale et une tonalité clairement écologiste à l’anticapitalisme. Un parti soucieux des aspirations individuelles à la reconnaissance et à la créativité face à l’uniformisation marchande de la vie quotidienne. »
Avec un tel programme, le NPA a tout naturellement attiré un certain nombre de militants fort éloignés des conceptions révolutionnaires, certes, mais tout disposés à essayer de construire un parti réformiste « à la gauche de la gauche ». Ce sont, pour beaucoup, ces militants qui n’ont fait qu’un bref passage au NPA avant de revenir en arrière entre 2009 et aujourd’hui, et se raccrocher au char, beaucoup plus prometteur en termes de résultats électoraux, du Front de gauche. Quoi d’étonnant à cela ? Pour plagier une célèbre formule de Lénine, si l’on peut attirer les opportunistes avec des formules, leur ralliement ne peut durer plus longtemps que leurs illusions. Lorsque les quelques intellectuels de gauche, altermondialistes et autres « animateurs du mouvement social » qui l’avaient rejoint ont compris que le NPA, malgré ses efforts, ne deviendrait pas un parti réformiste important, ils sont rentrés au bercail.
Pour prendre un exemple entre cent, citons le cas de Philippe Marlière, maître de conférences en sciences politiques à l’University college de Londres qui, après vingt années passées au Parti socialiste, a décidé de rejoindre le NPA dès 2009. La lettre ouverte de démission qu’il adressa alors à Martine Aubry illustre la profondeur de son radicalisme : « Trop de dirigeants socialistes utilisent le PS comme un marchepied pour leurs carrières personnelles. » Il affirmait rejoindre le NPA non parce que celui-ci incarnait l’idéal révolutionnaire, naturellement, mais parce que « rassemblant diverses traditions progressistes, le NPA incarne le mieux à gauche la résistance à la réaction sarkozyste ». Notons que Philippe Marlière quittait le PS sans être fâché, puisqu’il concluait sa lettre par l’expression « de (ses) sentiments les meilleurs » à la première secrétaire du PS. Comme bien d’autres, Marlière n’a pas mis très longtemps à se rendre compte qu’en matière de construction d’une force à la gauche de la gauche, le NPA ne jouait pas dans la même cour que le Front de gauche. En février 2011, il a quitté le NPA sans « sentiments les meilleurs », mais en dénonçant rien moins que ses positions « sectaires, arrogantes et stupides ».
Cette trajectoire et son protagoniste sont anecdotiques, mais ils résument assez bien ce qui a marqué, pendant ces trois dernières années, l’évolution du NPA et les conséquences de ses choix politiques de départ : rompre avec les idées communistes pour tenter d’attirer plus de militants ne pouvait l’amener qu’à se positionner au milieu d’une espèce de marais politique qui ne pouvait guère faire illusion bien longtemps lorsque la grosse machinerie du Parti communiste, derrière Jean-Luc Mélenchon, se mettrait en branle. Ce qui ne tarda pas, puisque, par malheur pour le NPA, la construction du Front de gauche s’est faite de manière concomitante à la tentative du NPA, dès 2009.
Les trois années qui viennent de se dérouler ont été marquées par de nombreuses défections semblables à celles de Marlière : celles de simples militants – d’un congrès ou d’une consultation à l’autre, les effectifs des votants ont largement fondu – et celles de dirigeants qui ont rapidement été démangés par l’idée d’aller trouver une petite place dans le mouvement animé par Mélenchon. Cela commença d’ailleurs dès mars 2009, avec Christian Picquet et son courant Gauche unitaire, qui y a gagné, au prix d’un simple petit renoncement aux idées qu’il avait défendues depuis des dizaines d’années, de ramasser quelques miettes de la popularité de Mélenchon, puisque celui-ci l’a autorisé à dire quelques mots dans chacun de ses grands meetings de 2011-2012. Cela continua à l’occasion des élections régionales de 2010, où le NPA se vit déchiré entre plusieurs tendances, certaines souhaitant déjà, à tout prix, se présenter avec le Front de gauche, et d’autres se présenter indépendamment, la décision finale ayant été que chacun fasse comme bon lui semble. Vint ensuite le désastreux épisode de la « candidate voilée », à la suite duquel les atermoiements du NPA lui permirent de perdre non seulement certaines militantes féministes, mais également ceux qui espéraient se servir du parti comme d’une tribune pour la défense de la religion, comme Abdel Zahiri.
C’est après le congrès de février 2011 que partirent des membres comme Philippe Marlière que nous avons cité, ou Raoul-Marc Jennar, ancienne tête de liste du NPA dans le sud-est aux élections européennes et apôtre de la décroissance. Ils seront rejoints peu après par les militants du courant L’Appel et la pioche de Leïla Chaïbi, laquelle claironnera dans Libération que « le NPA n’est pas ce qui était marqué sur le carton d’invitation », se plaignant notamment de ce qu’on « a essayé de nous formater, de nous transformer en militants de la LCR », c’est-à-dire en trotskystes. La jeune femme a préféré hériter au Parti de gauche du titre bien ronflant, mais quelque peu ridicule, de « secrétaire nationale à l’abolition du précariat ».
La dernière défection en date est certainement la plus grave, du point de vue du NPA : en plein milieu de la campagne présidentielle de 2012, trois des principaux dirigeants du parti, dont une de ses porte-parole, Myriam Martin, et l’ancien bras droit d’Olivier Besancenot, Pierre-François Grond, appelaient publiquement à voter… Jean-Luc Mélenchon. Et c’est dans la presse qu’ils faisaient connaître leurs intentions à leurs camarades, via une tribune parue dans Libération le 22 mars dernier. Ils y écrivaient notamment qu’avec « beaucoup de colère », ils avaient vu le NPA « renoncer à l’engagement pris lors de sa fondation : rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse ». Les « masses » se rendant visiblement en beaucoup plus grand nombre dans les meetings de Mélenchon que dans ceux de Philippe Poutou – ou de Nathalie Arthaud – Grond et ses camarades firent donc le choix de tous les opportunistes du monde : aller dans le sens du vent.
À l’heure où nous écrivons, Grond et sa tendance sont toujours membres de la direction du NPA, bien qu’ayant fait campagne publiquement pour Mélenchon. Cette situation est probablement appelée à évoluer lors de la conférence nationale du NPA les 7 et 8 juillet, la tendance de Grond ayant de toute façon clairement manifesté son intention d’entrer au Front de gauche « comme courant indépendant » (tribune de la Gauche anticapitaliste dans Tout est nous, 21 juin 2012).

On pourrait se dire, au vu de cette litanie de défections, qu’il s’agit d’un processus de décantation naturelle, et que le NPA se renforce en voyant partir les plus réformistes, ou les plus opportunistes de ses membres. Mais il est loin d’être sûr que ce soit le cas, car cette évolution n’a absolument rien changé à la ligne politique du parti de Besancenot et Poutou. Et quand bien même ! Si c’était pour se retrouver à la fin entre anciens de la LCR, cela ne valait pas la peine de jeter aux orties le programme et l’héritage du trotskysme, et ce dans une période de crise où il est vital de porter bien haut le drapeau du communisme. Car il advient finalement que, vu ce qu’il en reste, le NPA d’aujourd’hui, c’est la LCR d’hier… le « communiste » de son nom en moins.

Deux campagnes bien différentes

Reste que le NPA a tout de même, bien que laborieusement, réussi à dégager une majorité pour se présenter en son nom propre à l’élection présidentielle. C’est-à-dire que la majorité de sa direction a résisté aux courants qui l’enjoignaient de se rallier directement à Jean-Luc Mélenchon. Qui plus est, le parti a choisi de présenter à l’élection un ouvrier. En outre, le fait que le NPA ait réussi à trouver, en quelques mois, les 500 parrainages nécessaires au dépôt de la candidature, prouve que cette organisation dispose encore de militants énergiques et dévoués. Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.
Une fois la campagne commencée, combien de fois avons-nous entendu des journalistes demander et demander encore pourquoi LO et le NPA se présentaient séparément ! Comme l’a bien souvent répondu Nathalie Arthaud, nous ne sommes pas partisans du parti unique, et le fait que les électeurs puissent choisir y compris entre plusieurs tendances se réclamant d’un même courant d’idées, est bénéfique. Mais au-delà de ce constat, et des « slogans » communs que nous avons pu défendre pendant plusieurs mois, comme l’interdiction des licenciements, nos campagnes ont, en réalité, été fort différentes.
Dans l’une de ses premières interviews, Philippe Poutou a déclaré qu’il voulait bien accepter d’être « un ouvrier candidat », mais pas l’étiquette de « candidat ouvrier ». Derrière la boutade, la différence est en effet bien réelle, et révélatrice. Un « ouvrier candidat », c’est en quelque sorte une définition sociologique, alors que le « candidat ouvrier » aurait eu une signification politique : celle d’être le porte-parole des intérêts de la classe ouvrière. Une telle définition sentait probablement un peu trop le communisme pour le NPA. Si la campagne de Poutou a été le reflet des multiples aspirations de ce parti, entre écologie, antinucléaire, anticapitalisme … son leitmotiv en a été de « dégager Sarkozy » essayant ainsi de surfer sur le sentiment largement partagé dans les classes populaires du « tout sauf Sarkozy ». Alors que Philippe Poutou répétait que « le premier objectif », que « le minimum syndical » dans cette élection était de « virer » Sarkozy, Nathalie Arthaud n’a eu de cesse de dénoncer le leurre que constitue l’alternance électorale, expliquant a contrario que le pire pouvait venir avec Hollande parce que la période de crise économique dans laquelle nous sommes plongés ne laisse pas d’autre possibilité au gouvernement que d’être un gouvernement de combat au service de la bourgeoisie pour aggraver l’exploitation.
L’autre différence de taille a été notre positionnement par rapport à la campagne du Front de gauche. Alors que le NPA s’est défendu de ne pas être unitaire, expliquant qu’il l’avait été plus même que tous les autres mais que les choses avaient été rendues impossibles par l’attitude de Mélenchon, alors que Philippe Poutou préférait insister sur les points communs entre le NPA et le Front de Gauche, notre candidate a souligné tout au long de la campagne les différences politiques inconciliables qui séparaient le Front de gauche de LO.
La campagne de Nathalie Arthaud s’est donné comme unique objectif de diffuser aux travailleurs des idées pour l’avenir, des idées qui seront indispensables lorsque, les illusions sur Hollande passées et la crise s’aggravant, ceux-ci chercheront les voies pour des luttes victorieuses. Cela a été une campagne dont l’objectif était de défendre des idées qui seront indispensables demain. Le NPA, lui, a choisi de faire ce qu’on ne peut appeler qu’autrement qu’une campagne de communication visant, selon une expression à la mode, à « faire le buzz », c’est-à-dire à faire parler de Philippe Poutou dans les médias. Cela a sans doute permis de le faire connaître. Mais quelles leçons politiques les travailleurs, ne serait-ce que la fraction la plus consciente d’entre eux, pouvaient tirer des « clips » de campagne du NPA du style question pour un champion ? Selon la presse, beaucoup ont trouvé ces clips « drôles ». Le NPA s’est réjoui qu’à la suite de ces clips le score de Philippe Poutou ait très légèrement décollé, si l’on peut utiliser ce terme aux niveaux qui sont les nôtres. Peut-être. Et alors ? Le problème des militants que nous sommes est-il de « faire des voix », à tout prix, quitte à dire et faire n’importe quoi pour cela, ou de chercher à donner des perspectives à notre classe sociale ? Même si la campagne télévisée de Poutou lui avait permis de faire 3, 4, ou 5 %, cela n’aurait pas été plus utile au monde du travail. Quant à nous, nous espérons que le discours de Nathalie Arthaud a été entendu et retenu ne serait-ce que par une petite fraction des travailleurs, et que ce qu’ils en ont retenu leur sera utile lors des luttes décisives de demain. Se présenter à une telle élection, pour des révolutionnaires, n’a pas d’autre utilité.

« Et maintenant ? »

Une fois la campagne présidentielle passée, est venue celle des législatives. Rien de nouveau sous le soleil : le NPA, là encore, s’est illustré par un relatif suivisme vis-à-vis du PS, en claironnant qu’après avoir « dégagé Sarkozy et sa bande » de l’Élysée, il convenait de « virer » le plus grand nombre de ses amis des bancs de l’Assemblée nationale. En dehors de cela, comme lors des européennes de 2009, l’organisation de la campagne a été marquée par le chacun pour soi : selon les contextes et les sensibilités de chacun, il a été laissé le libre choix de présenter une candidature NPA, de soutenir des candidats du Front de gauche, de se présenter avec des décroissants du MOC (Mouvement des objecteurs de croissance). La tendance Gauche anticapitaliste de Pierre-François Grond a elle eu droit à 40 candidats.
Il est intéressant en revanche de se pencher sur les analyses d’après-campagne parues dans Tout est à nous - la revue, le mensuel du NPA. La campagne de Lutte Ouvrière ayant fait l’objet d’un article spécifique, nous répondrons à quelques-uns des arguments du rédacteur. Mais notons d’emblée que le plus révélateur est la présence de deux articles dans cette revue, émanant tous deux de la majorité du NPA, l’un appelant à des discussions en vue de l’unité d’action avec Lutte Ouvrière, et l’autre appelant à des discussions en vue de l’unité d’action avec… le Front de gauche.
Le premier article, signé Jean-François Cabral, s’intitule « Lutte Ouvrière : une campagne ordinaire ? » Le reproche principal que l’auteur adresse à Lutte Ouvrière est de ne pas avoir défendu de perspectives assez concrètes mais plutôt « des formules générales et abstraites » ; et de ne pas avoir de contre-projet à opposer au Front de gauche : « C’est d’autant plus ennuyeux que les réformistes à leur manière semblent offrir une réponse sur le terrain institutionnel. Il est vrai que les formules autour de l’Assemblée constituante et de la VIe République ne sont pas non plus d’une grande clarté pour la plupart des gens. Mais elles existent. (…) Si les révolutionnaires se contentent de lever le drapeau pour plus tard, en quoi combattent-ils efficacement la politique des réformistes ici et maintenant ? »
On voit à travers ces lignes à quel point divergent les approches de LO et du NPA. En ce qui nous concerne, nous ne faisons pas de la politique en contrepoint du Front de gauche, ni d’aucun autre parti que ce soit. « Combattre les réformistes », dans une période où il n’y a pas de luttes, suppose obligatoirement de se placer sur leur terrain et non sur le nôtre, et c’est précisément ce que nous ne souhaitons pas faire. Nous ne cherchons pas à trouver les « bons arguments », les « bons slogans » – la LCR appelait cela naguère les « mots d’ordre opératoires » – susceptibles de convaincre un public aujourd’hui profondément réformiste et électoraliste. Nos idées politiques (le marxisme) nous conduisent à penser que la conscience ne naît pas à l’écoute d’un bon slogan, comme on serait touché par la grâce, mais qu’elle se développe à travers des événements, à travers l’évolution des conditions de vie, des situations politiques et des bouleversements sociaux. N’en déplaise au NPA, ce ne sont pas de bonnes formules qui ont permis aux révolutionnaires bolcheviques de 1917 d’emporter l’adhésion de millions de travailleurs, mais l’adéquation d’une politique juste à une situation dans laquelle la conscience des masses progressait à la vitesse de la lumière.
Les travailleurs d’aujourd’hui sont profondément démoralisés, ils veulent croire aux solutions prônées par les réformistes de gauche, et soulignons au passage que ce ne sont pas les solutions de Mélenchon qui ont emporté la majorité mais celles du très droitier Hollande. Nos idées ne peuvent avoir du poids qu’à partir du moment où les masses entrent en lutte, c’est-à-dire quand elles ont déjà balayé un certain nombre d’illusions réformistes. Et, nous l’avons dit, c’est à cela et à cela seul que nous voulons nous préparer et préparer ceux qui nous écoutent. Croire qu’avec des formules qui puissent faire concurrence à la « VIe République de Mélenchon », on ferait avancer la cause de la révolution, est une profonde erreur. Tout au contraire, cela ne signifie rien d’autre que se placer précisément sur le terrain des réformistes. Certes, c’est toute la politique du NPA que d’essayer de faire cela, c’est-à-dire de faire plus de voix que les réformistes en étant aussi réformistes qu’eux, mais cela ne rend pas cette politique plus juste.
L’auteur de l’article nous reproche également de nous dire communistes sans parler réellement de ce qu’est le communisme, sans expliquer quel est « l’horizon au-delà des luttes et des résistances ». Cela lui permet d’ironiser sur le fait que Nathalie Arthaud s’est définie comme « candidate communiste » sans autre contenu que celui défendu par le NPA. Et d’estimer que cette formule n’était destinée qu’à « capter l’attention d’une partie (du) public »… du Front de gauche. Décidément, le Front de gauche est une obsession pour le NPA qui n’arrive visiblement pas à comprendre que l’on puisse avoir comme autre « horizon » que de s’adresser à lui !
Nathalie Arthaud a fait sa campagne sous le drapeau du communisme, non pour complaire à des électeurs de Mélenchon, mais pour affirmer que le communisme est l’avenir du monde, et défendre l’idée qu’il n’y a pas d’autre « remède » à la crise que l’expropriation de la bourgeoisie et la prise du pouvoir par le prolétariat. Et que cette prise du pouvoir passera par une prise de conscience, qui elle-même ne pourra se faire qu’à travers des luttes profondes où les travailleurs défendront des objectifs incompatibles avec le maintien de la dictature de la bourgeoisie. Ce sont ces objectifs que nous avons mis en avant dans cette campagne. Il n’est de toute façon pas exact que Nathalie Arthaud n’ait pas parlé de « l’horizon » communiste lui-même dans la campagne [1], mais de toute façon, le communisme, ce n’est pas seulement décrire ce que sera la société idéale, ce n’est même pas du tout cela ! Être communiste aujourd’hui, c’est avant tout donner des perspectives de classe aux travailleurs, expliquer inlassablement que l’avenir de l’humanité repose entre les mains du prolétariat, et que toutes les autres solutions ne sont que de la poudre aux yeux électoraliste. C’est proposer une politique concrète, un « programme de lutte » qui réponde aux problèmes de la situation présente du point de vue des intérêts de classe du prolétariat. En cette période de tempête économique et peut-être, demain, de tempêtes sociales, nous estimons qu’il est plus que jamais vital de défendre ces perspectives et celles-là seules.
Car, oui, il y a une crise profonde qui rend la situation politique particulière ! Nous le rappelons puisque l’auteur de l’article s’interroge en ces termes sur notre refus d’appeler à voter François Hollande au second tour : « En 2007, l’engagement (de LO) en faveur de Ségolène Royal était pourtant assez explicite, sans qu’on comprenne bien la différence avec aujourd’hui » (souligné par nous) ! Nous ne pouvons qu’inciter l’auteur de ces lignes à jeter un coup d’œil à la presse économique. Il ne devrait alors pas lui échapper que le monde capitaliste est frappé par une crise d’une tout autre ampleur qu’en 2007, et que, en conséquence, le gouvernement socialiste va très probablement être amené à prendre des mesures antiouvrières d’une violence bien supérieure à celle de ce Sarkozy que le NPA est si fier d’avoir contribué à « dégager ». En ce qui nous concerne, nous n’avons pas eu envie de donner un blanc-seing, même à notre modeste échelle, à ce futur gouvernement de choc contre les travailleurs, et nous l’assumons pleinement.
Passons sur les reproches de l’auteur sur notre incompréhension des problèmes écologiques, et venons-en à la conclusion de l’article : il faut « une politique de front unique audacieuse et offensive qui offre une issue immédiate aux problèmes auxquels est confrontée la classe ouvrière. (…) » Il existerait donc une « issue », et « immédiate » qui plus est, aux problèmes des travailleurs, sans renverser le capitalisme, sans même un début de commencement de mobilisation dans ce sens ?
« Mais, poursuit l’auteur, pour rassembler, et quel que soit le niveau visé, l’unité pour les luttes ou la construction d’un parti, on a besoin de tout le monde et on n’écarte personne a priori surtout lorsqu’on se réclame de la révolution et du communisme. La discussion reste donc ouverte plus que jamais avec les camarades de LO. »
Puisque l’on « n’écarte personne », Lutte Ouvrière est conviée à discuter avec le NPA… et le Front de gauche, d’une « politique de front unique offensive et audacieuse ». Ce que le NPA, à l’instar de son ancêtre la LCR, appelle « un front unique » est la construction à l’avance d’un appareil susceptible de diriger les luttes quand il y en aura, appareil qui réunirait les révolutionnaires, le Front de gauche, les alternatifs et sans doute bien d’autres encore… c’est-à-dire un appareil qui, vu les rapports de force, serait exclusivement dirigé par Mélenchon et le PCF.
Nous remercions donc le NPA de ne pas nous « écarter a priori » mais en ce qui nous concerne, la seule « unité » qui nous intéresse est celle des travailleurs, celle qui se forgera à la base dans les luttes elles-mêmes. Et nous sommes, de plus, convaincus que la direction du Front de gauche, qu’il s’agisse de celle du Parti communiste ou de celle du Parti de gauche, ne sera pas du même côté de la barricade que nous le jour où des luttes sérieuses éclateront – l’Histoire l’a assez amplement prouvé. Expliquer cela aux travailleurs, plutôt que de tresser des couronnes à Mélenchon, est également selon nous un des devoirs des révolutionnaires dans la période actuelle.
Et le NPA en est bien loin. Car, comme nous l’avons dit, il consacre, dans la même revue et sous la plume de François Sabado, un article au Front de gauche, sous le titre « Et maintenant ? » Cet article cherche par tous les moyens à caresser le Front de gauche dans le sens du poil, tout en ayant l’air de timidement le critiquer. Après des louanges adressées à Mélenchon pour sa « bonne campagne », où il a su « renouer dans ses discours avec l’imaginaire révolutionnaire des textes de Victor Hugo et avec les heures glorieuses du mouvement ouvrier », après avoir listé les nombreuses « positions communes » du NPA et du FdG, Sabado souligne certes un point « qui divise profondément » : le nucléaire. Mais en dehors de ce point, le NPA dénonce seulement les « ambiguïtés » de Mélenchon et l’appelle « à être conséquent ». Le principal reproche politique fait à Mélenchon est d’être par trop « républicain », c’est-à-dire de chercher à « subordonner, rendre compatible le mouvement de masse avec les institutions de la République » !
Parler ainsi revient à participer par opportunisme à l’escroquerie que représente Mélenchon – nous espérons du moins que c’est le cas, et que François Sabado ne croit pas à ce qu’il dit. Ou alors, s’il suffit de citer trois phrases de Victor Hugo pour éblouir un dirigeant du NPA et lui faire oublier ce que c’est qu’un politicien bourgeois, cela augure mal de l’avenir de cette organisation comme parti même seulement « anticapitaliste ». « Ambigu », Mélenchon ? Inconséquent ? Certainement pas ! La campagne du Front de gauche a été parfaitement conséquente et sans la moindre ambiguïté, c’est-à-dire qu’elle a été celle d’un homme politique bourgeois au langage certes un peu radical, à la bouche remplie de ce que Blanqui appelait avec mépris « des phrases sonores d’avocat » lorsqu’il flétrissait « la détestable popularité des bourgeois déguisés en tribuns. » Qu’y a-t-il d’« ambigu » dans le discours de Mélenchon ? À aucun moment il ne parle réellement de luttes, à aucun moment il n’appelle à autre chose qu’à bien voter et à faire avancer les choses par la voie des urnes. À aucun moment, au-delà de ses phrases ronflantes, il ne cherche à s’appuyer sur l’initiative des travailleurs. Et les mots utilisés par le NPA ont leur importance : contrairement à ce que dit Sabado, Mélenchon ne cherche pas à « subordonner le mouvement de masse aux institutions de la République » ; il cherche, et il cherchera plus encore demain, à le subordonner aux intérêts de la bourgeoisie. Mais cela, le NPA ne le dira pas, parce qu’il n’a pas envie de froisser quiconque au sein du Front de gauche.
On le voit, le NPA n’a rien envie d’apprendre de l’échec de sa politique. Il continue de s’adresser aux réformistes en parlant leur langue, et en espérant sans doute toujours que cela poussera quelques-uns à le rejoindre. Vu les résultats des élections, parions que cela a de moins en moins de chance d’arriver.
Avec la politique qui est la sienne, depuis 2009, le NPA n’a aucune possibilité de construire un parti révolutionnaire, au sens de révolution prolétarienne du terme. Il est vrai que ce constat est un peu vain, dans la mesure où le NPA n’en a jamais eu l’intention. Mais il n’a même aucune chance de construire un parti qui soit réellement utile aux travailleurs. Nul ne sait aujourd’hui ce que l’avenir nous réserve et rien n’exclut qu’à plus ou moins brève échéance, lorsque Ayrault se sera carbonisé par une politique violemment antiouvrière et que les travailleurs menaceront d’entrer en lutte, un Mélenchon soit appelé à l’aide par la bourgeoisie pour calmer, ou réprimer, les mouvements sociaux. À quoi auront alors servi les appels du NPA au « front unique » avec Mélenchon, sinon à tout embrouiller et à avoir contribué, si peu que ce soit, à entretenir des illusions sur les adversaires de la classe ouvrière ?
En ce qui nous concerne, nous restons convaincus que la tâche de l’heure est plus que jamais de militer pour la construction d’un parti communiste révolutionnaire, et que cette tâche ne peut être menée à bien que sur la base d’un programme politique clair, le programme que nous ont légué Marx, Engels, Lénine et Trotsky.

[1] Au meeting du Zénith, le 15 avril, Nathalie Arthaud concluait son discours par : « Débarrassée de la mainmise des intérêts privés sur les richesses et les moyens de les produire, débarrassée de l’exploitation et de la course au profit, la collectivité pourra maîtriser consciemment sa vie économique. Elle pourra alors produire tout ce qui est utile et nécessaire, mais rien que ce qui est utile et nécessaire, dans le respect des hommes et de la nature afin que tous les êtres humains profitent du progrès et accèdent à l’éducation, à la culture, aux loisirs.

L’exploitation disparue, disparaîtront les autres formes d’oppression en fonction du sexe ou de la nationalité. L’humanité pourra alors constituer un seul et même peuple, avec une seule patrie : la Terre. »

Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 05 août 2012, 16:24:25


Nico37
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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 09 août 2012, 00:45:25

Non à la sale guerre en Afghanistan mardi 7 août

Un soldat français, sous-officier du 13ème bataillon de chasseurs alpin de Chambéry, a été tué en Afghanistan, un autre a été blessé, au cours d’une opération de l’armée afghane dans la province de Kapisa, dans l'est du pays.

Les soldats français encadraient les unités afghanes.

Ces nouvelles vies sacrifiées aux intérêts des grandes puissances viennent rappeler que l'occupation de l’Afghanistan par les troupes de l'Otan continue et, avec elle, la guerre.

Elle viennent rappeler aussi que le retrait en cours des "forces combattantes" françaises n'empêche pas les troupes françaises de continuer leur sale besogne sous l'égide des USA en encadrant les troupes du régime afghan fantoche qu'elles maintiennent au pouvoir.

Cette guerre est un échec total, elle contribue à enfoncer les populations dans le chaos et la misère, renforce les talibans.

Hors d'Afghanistan les troupes impérialistes de l'OTAN.

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