Le NPA

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Message non lu par wesker » 12 janv. 2014, 11:23:13

Evidemment, nico37, car contrairement à d'autres je me préoccupe toujours à porter contradiction sur des questions de fonds, sérieuses que de me lancer des anathèmes ou des invectives qui ne permettent pas aux citoyens de se faire une idée précise des contenus et propositions qui sont défendues par les diverses familles de pensée !

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Message non lu par Nico37 » 12 janv. 2014, 12:34:53

Dieudonné : interdire plutôt les licenciements, dit Besancenot AFP 10/01

Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste) a jugé vendredi «lamentable» l’interdiction du spectacle de Dieudonné, estimant que le gouvernement ferait mieux de s’en prendre aux licenciements.
Sur France 2, celui qui fut deux fois candidat à l’Elysée a assuré que la décision du Conseil d’Etat était «lamentable» d’abord parce qu’elle est «fausse sur le fond. Visiblement, il y a des problèmes de droit».

(...)

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Message non lu par wesker » 12 janv. 2014, 20:17:20

Il suffit que Dieudonné change son spectacle pour qu'une nouvelle procédure soit mise en place. Ah là là, pendant ce temps les véritables préoccupations et difficultés en matière de sécurité se poursuivent et les citoyens s'inquiètent pour leurs emplois, pour l'avenir des entreprises, pour la situation budgétaire et les conséquences d'une politique fiscale lourde et douloureuse. C'est là une question de point de vue.

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Message non lu par Nico37 » 14 janv. 2014, 01:35:58

Camarades, chers amis, compagnons de route,

Comme vous le savez déjà, nous comptons présenter une nous nouvelle fois une liste 100% à gauche soutenue par le NPA aux prochaines élections municipales à St Pierre des Corps. Cette liste menée par Patrick va prolonger le travail effectué pendant les 6 années qui viennent de s'écouler.
Nous vous invitons à une réunion le mardi 21 janvier à 20h30 au passage Chabrier pour vous présenter le programme que nous comptons défendre dans ces élections. Cette réunion sera l'occasion de le discuter et de voir quels sont celles et ceux qui souhaitent participer à la campagne.
Pour celles et ceux qui pensent que c'est une bonne chose qu'il y ait une telle liste aux élections mais qui n'ont pas la disponibilité pour participer à la campagne, vous avez la possibilité de nous soutenir en acceptant que votre nom figure sur la liste. A ce jour il nous manque encore un certain nombre de noms de candidats pour pouvoir nous présenter (9 hommes et 9 femmes). Si vous êtes intéressés il ne faut pas hésiter à nous contacter

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Message non lu par wesker » 14 janv. 2014, 20:58:58

Le contexte économique et les attaques contre les travailleurs en particulier ceux qui ont les métiers les plus pénibles devraient justifier l'émergence de ces familles de pensée, auprès de tels électeurs. Pourtant ils restent assez sceptique et relativement distant, n'est il pas tant, pour ces révolutionnaires de s'interroger sur ce manque d'audience, de crédibilité, peut être auprès d'un électorat bien réel mais lucide sur les difficultés budgétaires et les difficultés que les entreprises ont pour préserver leurs marchés et donc les emplois.

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Message non lu par Nico37 » 18 janv. 2014, 22:47:44

Manque d'audience électorale peut signifier que les travailleurs/ses (les ouvrier-es représentent la majorité des 4,6 M de non inscrit-es) pensent que le changement social ne viendra pas des urnes...

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Message non lu par wesker » 19 janv. 2014, 09:37:14

Pas du tout nico37

La trés grande majorité souhaite des avancées sociales mais mesurent, eux, les difficultés, connaissent les réalités du monde de l'entreprise que le NPA ignore royalement ou refuse de prendre en compte.

Ayant intégré le fait que les entreprises, seules, sont créatrices de richesses et d'emplois, qu'elles sont exposées à des réalités concurrentielles, nombreux ont compris qu'en dépit de leurs volontés de facilités, on ne peut parvenir à créer des emplois durables en l'absence de perspectives et de stabilité pour les entreprises. C'est davantage la raison de l'éloignement des ouvriers avec des formations anti capitaliste.

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Message non lu par Nico37 » 19 janv. 2014, 10:22:28


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Message non lu par wesker » 19 janv. 2014, 11:05:59

Poutou, un ouvrier qui parle avec la sincérité et le coeur aurait mérité de recueillir des suffrages, le souci est que les idées, excessives et parfois démagogiques ne prennent jamais en compte, hélàs, les réalités budgétaires ou ne parlent pas des difficultés véritables que peuvent rencontrer les entreprises. Pourtant nombre de eux auxquels il s'adresse savent à quel point les entreprises souffrent, elles aussi, qu'elles ne doivent pas toujours être confondues avec une vision erronée de l'entreprise internationale etc.

Que les ouvriers se rassurent, l'équilibre entre d'un côté la prise en compte des réalités des entreprises et de l'autre les attentes de ceux qui souffrent est possible, si tout les citoyens participent, se mobilisent et s'unissent sur un projet. Unis, les français sont invincibles, leur histoire démontre à quel point ils peuvent surmonter les pires difficultés, mais cela exige du temps, une prise de conscience à laquelle je m'efforce modestement de participer et aussi, accessoirement qu'ils prennent conscience que leurs difficultés sont tributaires de celles du pays tout entier, alors la mobilisation, le rassemblement nécessaire se produit et les difficultés se résolvent.

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Message non lu par Nico37 » 20 janv. 2014, 23:29:09

Municipales à Quimperlé. L'extrême-gauche travaille toujours sur sa liste 19/01

A Quimperlé, l'extrême-gauche travaille toujours sur sa liste électorale pour les prochaines élections municipales.

Il y a les déjà connus : Christian Le Parc du Parti de gauche et Éric Rudwill du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, Ouest-France de mercredi). Et les nouveaux : Gérard Le Bourhis, responsable de l’union locale CGT, mais aussi Monique Garniel, Régine Daniel, Rémi Daniel, Michelle Potet et Pierre Coat.

« Un noyau dur » d’après la tête de liste pressentie, Christian Le Parc, déjà entouré « de 20 à 25 personnes », mais le groupe ne souhaite pas communiquer plus. L’équipe sous-entend même que les communistes pourraient finalement être de la partie. Ou pas. C’est dire si le compromis entre les différents groupes d’extrême-gauche est difficile à atteindre à Quimperlé. « Suite aux propos de Denis Huet, responsable des communistes quimperlois (Ouest-France de mercredi), on a conclu très vite que le PCF était mort à Quimperlé, lance Philippe Allouard, militant communiste du secteur. Il ne l’est pas : les communistes participeront à ces élections. »

Le grand flou

Pour le reste, c’est le grand flou. Espérons que la réunion publique organisée le lundi 27 janvier, à 20 h 30 au Coat-Kaër, permette aux électeurs d’y voir plus clair.

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Message non lu par wesker » 21 janv. 2014, 08:12:41

Quand je vois que le PG va conclure des accords de gestion avec le NPA qui se sert, lui, de ces échéances municipales comme d'une tribune pour ses revendications révolutionnaires, je me dis que le PG s'égare et c'est dommage pour une formation telle que celle là.

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Message non lu par Nico37 » 21 janv. 2014, 19:32:12

Municipales à Rennes. Le NPA veut constituer une liste 20/01

L’extrême gauche se mobilise pour les élections municipales.

Après le parti ouvrier indépendant le jeudi 6 janvier, c’est au tour du NPA de se lancer dans la bataille des municipales. Le parti, longtemps présidé par Olivier Besancenot, organise une réunion publique pour recruter, mercredi 22, à 20 h 30, à la maison de quartier de Villejean, 2, rue de Bourgogne.

Le porte-parole du NPA, Kevin Le Tétour souhaite impulser « une liste anticapitaliste, féministe et écologique, en opposition affirmée au gouvernement et à la majorité municipale».

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Message non lu par wesker » 21 janv. 2014, 21:24:41

Je n'y vois là que le respect de la démocratie. Si cette formation a des idées, un projet, une équipe à présenter, en matière de gestion municipale, ils n'ont pas de raison de ne pas y aller. J'apprécierais juste qu'ils respectent ce droit, aux autres qui ne partagent pas leurs options.

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Message non lu par Nico37 » 26 janv. 2014, 22:24:40

[urlhttp://npa2009.org/content/campagne-financi%C3%A8re-vers-les-10%E2%80%89000-dons]Campagne financière : vers les 10 000 dons Hebdo L'Anticapitaliste - 225 (16/01/2014)[/url]

Le NPA a récolté pour l’instant 340 000 euros, pour un objectif d’un million. Ce montant provient de 1 900 dons. Nous estimons que pour récolter le montant souhaité, il faudra une dizaine de milliers de dons.

Nous sommes donc devant une contradiction : le résultat provisoire de la souscription n’est pas ridicule, c’est même la meilleure souscription depuis la création du NPA. Mais les chiffres sont en même temps très faibles, en particulier si l’on regarde le nombre de donateurs : 1 900 personnes, c’est bien moins que le nombre de militants du NPA. C’est évidemment encore plus faible si on le compare aux 400 000 personnes qui ont voté pour Philippe Poutou à la présidentielle, sans parler du million et demi de voix récoltées par Olivier Besancenot en 2007.
Ces chiffres donnent une idée du nombre de personnes à qui nous nous adressons maintenant, après la première phase de la souscription. Si nous parvenons à l’objectif, tout à fait raisonnable, que dix mille sympathisantEs offrent un don moyen de 80 euros (actuellement, le don moyen est de 180 euros, comme quoi ceux qui soutiennent le NPA sont prêts à donner beaucoup !), nous atteindrions notre objectif !

Se donner les moyens de défendre notre politique
Hélas, actuellement, les 340 000 euros sont trop faibles par rapport aux enjeux : la participation aux élections européennes et la construction des luttes actuelles. Lorsqu’on compare la souscription à la recherche des signatures des maires pour Philippe Poutou, la différence saute aux yeux : il s’agissait alors de la capacité du NPA à survivre… et il fallait donc faire l’effort d’aller voir des personnes qui nous étaient parfois hostiles politiquement. Aujourd’hui, la situation est différente mais l’enjeu n’est pas moins important : il est bien plus facile de demander une contribution à unE sympathisantE que par exemple une signature à un maire de droite !
La semaine écoulée nous donne une idée du désastre politique auquel nous sommes confrontés : après les annonces de Hollande contre la Sécu et la guerre en Centrafrique, l’actualité est hélas dominée, après les jeux démagogiques et racistes de Valls et Dieudonné, par les affaires sentimentales de Hollande !
Et pour celles et ceux qui pouvaient avoir l’illusion que la solution viendrait du Front de gauche, les courbettes du PCF au PS pour les municipales, comme les déclaration du PG favorables à la guerre en Centrafrique, montre que s’il y a un endroit où de l’argent peut être investi utilement, c’est chez les anticapitalistes !
Il n’y a plus à hésiter : nous devons maintenant montrer qu’il n’y a pas d’action, dans les luttes comme dans les élections, sans moyens pour la financer. Dans nos réunions publiques, nos diffusions de tracts, les rencontres militantes, arrêtons de nous excuser et proposons à tous ceux qui soutiennent les idées anticapitalistes et révolutionnaires de rendre palpable ce soutien par un don, petit ou gros.

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Re: Le NPA

Message non lu par Nico37 » 27 janv. 2014, 12:53:22

Entretien avec Olivier Besancenot - « Face à une bourgeoisie décomplexée, le défi est de parler de nouveau en notre propre nom » Propos recueillis par Jihane Halsanbe Revue L'Anticapitaliste n°50 (janvier 2014)

Le 9 janvier paraît au Cherche-Midi La Conjuration des Inégaux. Dans cet ouvrage, Olivier Besancenot revient sur les rapports de classe aujourd’hui et notamment sur cet étrange paradoxe : alors que les prolétaires n’ont jamais été aussi nombreux, ils ont rarement eu une conscience aussi affaiblie de leur force potentielle.

Comment expliques-tu qu’aujourd’hui la bourgeoisie soit la seule classe consciente de ses intérêts collectifs ?

La bourgeoisie, forte de son histoire, est consciente de la constance de sa domination sur la société et n’ignore pas le poids des échecs passés qui pèse sur nos épaules. Cela explique probablement son côté décomplexé. De plus, sa position spécifique dans l’ordre social la pousse instinctivement à se mobiliser d’autant que les rênes du pouvoir financier, que les capitalistes se disputent dans le cadre de la guerre économique, les soudent paradoxalement d’un point de vue politique. La concurrence à laquelle ils se livrent est un jeu réservé à une élite que tous sont prêts à défendre becs et ongles vis-à-vis du restant de la société. En nombre restreint, les exploiteurs disposent en outre du temps précieux qui nous est volé par le travail salarié, pour coordonner leur action et huiler ainsi régulièrement les rouages de leur domination, jouissant en prime de la complicité active de l’appareil d’Etat.

Historiquement la bourgeoisie a toujours su s’activer à bon escient pour défendre ses intérêts. On pourrait dire qu’elle milite depuis toujours. Très vite, elle s’organise dans des cercles fermés pour asseoir sa mainmise économique et s’affirme politiquement à travers différents clubs. L’histoire contemporaine nous rappelle que depuis la Révolution française, la bourgeoisie n’a jamais trop tergiversé pour exister comme sujet politique indépendant.

Depuis une vingtaine d’années, le discrédit des idées socialistes et communistes, issu de la gestion sociale-démocrate des institutions et de la tragédie du stalinisme a permis à la bourgeoisie de se réaliser un peu plus encore. Même les contradictions
terribles qui minent son système, le menaçant d’effondrement, ne semblent pas la faire vaciller outre mesure. Il faut avouer que son objectif fondamental est devenu la préservation de sa position dominante. Une logique moins romantique que celle de la Révolution française, soit, mais qui semble entraîner vers l’action les individus qui composent cette classe avec une certaine efficacité.

Tu qualifies le prolétariat de « sujet perdu ». Pourquoi cette « perte » ?

Daniel Bensaïd dans Marx l’intempestif évoquait le reflux idéologique des années 1990 en disant que les classes sociales semblaient être devenues des sujets perdus à la faveur des discours alors en vogue sur la disparition des classes et la mort des idéologies. En fait, un siècle politique nouveau supplantait celui qui avait été ouvert par la Révolution russe de 1917 et qui se refermait avec la chute du mur de Berlin. Non seulement le capital a su se déployer sur les quatre coins du globe mais pire, les perspectives émancipatrices anticapitalistes, toutes variantes confondues, ont subi de violents reculs, volatilisant de nombreuses consciences et boudant quasiment les nouvelles générations, même les plus rebelles. Pendant 150 ans, des millions d’exploités avaient vécu dans l’espoir qu’un monde meilleur, débarrassé de la domination capitaliste et des inégalités sociales, soit un objectif atteignable. Dorénavant, les masses populaires vivent dans la conviction que les futures générations vivront moins bien qu’elles.

Cette dégradation du rapport de forces entre les classes ne siffle pas la fin de la partie, loin de là, mais elle situe la période et ses enjeux : une lente phase de reconstruction où les repères de classe jailliront du renouvellement de la lutte de classe ainsi que de l‘aptitude de la gauche révolutionnaire à insuffler dans ces combats le meilleur des traditions du mouvement ouvrier. Or, sous les ruines idéologiques du siècle précédent, le stalinisme nous a légué un cadeau empoisonné d’outre-tombe : communisme et démocratie apparaissent comme des corps étrangers, même lors de révolutions. Privé d’un volet politique crédible, la lutte de classe est bancale, boite. Le sujet d’émancipation contemporain s’ignore alors qu’objectivement il n’a jamais été aussi fort.

Comment peut-il regagner son identité de sujet politique? Un parti comme le NPA a-t-il un rôle à jouer dans cette réémergence ? Lequel ?

Ceux qui vendent leur force de travail – manuelle ou intellectuelle – à un employeur sont des prolétaires au sens marxiste du terme. Or, l’apogée numérique du prolétariat dans l’histoire du capitalisme correspond étrangement à un grand moment d’invisibilité sociale et politique. Au-delà des terminologies, que la classe des exploités se retrouve et s’assume comme sujet collectif est la tâche de l’heure. Une tâche immense qui nous dépasse largement mais dans laquelle il faut s’inscrire. Le prolétariat, hier comme aujourd’hui, change, évolue et n’est pas une masse statique dont on ponctionne passivement la plus-value. Il est et sera d’abord ce qu’il décide de révéler s’il décide d’agir en conscience comme une force collective.

Le rôle du NPA, comme d’autres mouvements, consiste, peut-être, à partir de la lutte de classe pour encourager la multitude des combats, en intégrant la pluralité des thèmes de radicalisation qui la travaillent, et qui dépassent le seul cadre de l’entreprise. N’étant pas qu’un parti des luttes, nous devons chercher à féconder ces dernières d’une perspective politique de classe subversive. Cela suppose d’intégrer les évolutions du mouvement social.

Notre atout spécifique pourrait être de refuser une conception commune aux partisans de la société post-industrielle comme à ceux d’un prolétariat exclusivement ouvriériste : les messagers de la mort annoncée de la classe ouvrière industrielle aimeraient enterrer la portée subversive que véhicule le secteur ouvrier du prolétariat, qui garde une place stratégique dans la production capitaliste, mais ils se trompent sur l’état des lieux, surtout lorsque l’on porte le regard au-delà de nos frontières. Pour autant, il est indéniable que les ouvriers ne jouent plus le rôle entraînant d’antan au sein des pays qui ont été le berceau du mouvement ouvrier. C’est d’autant plus vrai qu’au cours des cinquante dernières années le prolétariat s’est indubitablement précarisé et s’est morcelé géographiquement, ce qui n’est pas pour rien dans notre difficulté à faire converger les luttes. Cela étant, le prolétariat ne s’est jamais résumé au bleu de travail ou à la chaîne de montage. Aujourd’hui il intègre de nouvelles couches dans les services.

Plus que jamais se pose la nécessité d’une autoreprésentation démocratique de cette classe, sur la base d’un programme anticapitaliste renouvelé et adapté, pour être en capacité de redonner chair à une perspective politique d’émancipation. Notre contribution peut consister à faire naître des majorités d’idées aptes à redonner confiance à notre camp social. C’est vrai des questions de répartition des richesses, d’expropriation ou de priorité à donner à la satisfaction des besoins sociaux plutôt qu’à la spéculation et aux profits. Elle consiste aussi à faire émerger un pôle décomplexé qui assume une identité sociale forte, où Français et immigrés sont unis par le même combat et qui réfute aux politiciens professionnels le droit de parler en son nom. Là réside la principale difficulté : le doute, les complexes, savamment travaillés par nos exploiteurs, poussent les nôtres à trouver cette idée certes sympathique mais concrètement irréaliste. Parler à nouveau en notre propre nom est probablement le cœur du dilemme qui agite le prolétariat du XXIe siècle.

Tu évoques dans ton livre « l’héritage émancipateur du prolétariat », comment se le réapproprier ?

C’est l’objet même d’une organisation politique. La lutte de classe ne décrète pas, elle existe et vit selon ses propres rythmes. En outre, elle porte en elle une charge émancipatrice qui regarde vers l’avant plutôt qu’en arrière. Mais notre héritage est essentiel en ce qu’il nous relie aux expériences passées, pour le meilleur comme pour le pire. Découvrir, ou redécouvrir que la classe exploitée a été capable, hier, d’écrire les plus belles pages de l’Histoire est une des entrées possibles pour se reconsidérer aujourd’hui. Mais c’est aussi utile pour penser les erreurs du passé et tenter de ne pas les reproduire. Les adversaires sur le chemin de notre émancipation ne sont pas nouveaux et sont tenaces, qu’il s’agisse de la répression étatique ou de la contre-révolution bureaucratique qui guette dès que les organes démocratiques de base d’une révolution se dévitalisent. Malheureusement, de nos jours, pour bon nombre d’organisations révolutionnaires, l’héritage politique est d’abord affaire de controverses. Ce travers nous prive de tourner cet héritage à l’extérieur des cercles militants et nous empêche surtout de le mettre en perspective au regard de l’avenir. Un héritage n’a de sens que si nous le conjuguons au présent. Sans quoi, à regarder dans le rétroviseur de l’Histoire, on oublie le présent et on devient spectateur des évènements qui secouent le monde dans lequel nous vivons.

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