Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

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johanono
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Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par johanono » 07 oct. 2015, 22:44:55

Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Les perturbateurs vont se nicher dans les cosmétiques, détergents, plastiques et autres films alimentaires, jouets et certains médicaments.

Menace majeure pour la santé, et notamment la fertilité, les agents hormonaux sont l’objet d’une âpre bataille à Bruxelles. Un livre décrit les méthodes des industriels qui ont obtenu de la Commission européenne qu’elle impose l’inaction.

suite
Et encore une fois : merci l'Europe ! :mrgreen2:

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Nombrilist
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Nombrilist » 07 oct. 2015, 23:28:01

Il y a du vrai et du faux. Une définition carrée, mais intérimaire, de ce qu'est un perturbateur endocrinien existe déjà dans le cadre du règlement européen (EC 1272/2008) sur l'autorisation de mise sur le marché des pesticides. Et cette définition a été appliquée à une poignée de pesticides pour le moment, ce qui les a placé sur la liste des substances dont on envisage la substitution (en gros, dans 7 ans, elles ne seront plus censées être sur le marché). Néanmoins, cette définition n'est pas satisfaisante car trop large en santé humaine et pas assez en environnement et ne concerne pas les autres produits chimiques (biocides et substances industrielles). C'est pour cette raison que la Commission Européenne devait élaborer des critères harmonisés pour le 9 décembre 2013. Je ne sais pas à quoi est du le retard qui a été pris, mais il est certain que cela a largement arrangé les industriels: à son arrivée, Juncker a retiré des mains de la DG Environnement (réputée hermétique au lobbying industriel) le soin d'élaborer les critères d'identification des PE pour refiler le bébé à la DG Santé des Consommateurs (lol) réputée nettement plus favorable aux industriels. Du coup, l'établissement des critères a pris encore plus de retard puisqu'il a fallu que la DG Sanco reprenne tout le dossier depuis le début. Une étude d'impact va être menée en 2016 selon 4 scénarios de critères différents sur 700 substances chimiques (dont des produits industriels, des biocides et des pesticides). Pour chaque scénario, un organe de consultation (société privée je pense) va être chargée d'estimer en fonction des données disponibles quelles sont les substances qui seraient considérées comme perturbateurs endocriniens. En fonction de cela, la Commission Européenne tirera des conclusions (comment, je n'en sais rien). En 2017, il est prévu que soient entérinés les critères définitifs. Je n'y crois guère car les résultats de l'étude d'impact vont être discutés pendant des plombes et l'industrie va sortir l'artillerie lourde. Je pencherais plutôt pour une entrée en force pour de tels critères en 2020.

Il y a 4 scénarios:

1 - Garder les critères intérimaires du règlement pesticide et les étendre à tous les autres règlements (Reach, Pesticide, Biocides).
2 - Utiliser la définition de l'OMS pour classer une substance ou non comme PE en fonction des données disponibles.
3 - Utiliser la définition de l'OMS pour classer une substance comme PE et réaliser un classement des substances suivant le niveau de danger (avéré, suspecté ou potentiel), en fonction des données disponibles
4 - Utiliser la définition de l'OMS mais classer la substance comme PE uniquement si le danger PE représente le danger le plus important (par exemple si la substance est cancérigène à 1 mg/kg et PE à 10 mg/kg, alors la substance ne sera pas considérée comme PE).

Personne ne veut du scénario 1 et donc les choses vont forcément bouger. La France et la Suède poussent pour le scénario 3, qui est le plus stringent et a également ma préférence. L'industrie ne veut pas en entendre parler, bien évidemment. Elle rêve du scénario 4. J'espère que ce ne sera pas celui retenu, mais on en prend bien le chemin.
Comment un homme politique français peut-il placer les intérêts de son propre pays derrière les intérêts d'un pays concurrent ? Simple: en se faisant élire sans être franchement ambiguë sur la question.

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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par politicien » 21 mai 2016, 18:43:09

Bonjour,
Editorial du « Monde ». Cela fait des années que le feuilleton – l’inquiétant feuilleton – des « perturbateurs endocriniens » a commencé. Et il ne semble, hélas !, pas près de se terminer tant sont importants et contradictoires les intérêts en jeu, scientifiques, économiques, sanitaires, environnementaux et politiques.

Perturbateurs endocriniens ? Il s’agit de substances chimiques omniprésentes dans l’environnement domestique et la chaîne alimentaire (plastifiants, conditionnements, solvants, cosmétiques…). Elles envahissent nos activités et nos objets quotidiens, se dispersent dans l’environnement, et l’on détecte des matériaux censés entrer dans la composition de nos fonds de casserole et de nos tongs jusqu’au fond de l’océan Pacifique. Or, ces polluants chimiques diffus sont soupçonnés d’être en partie responsables de l’incidence croissante des maladies du monde « moderne » : cancers hormono-dépendants (sein, prostate, thyroïde…), troubles de la fertilité, obésité, diabète, autisme… Pourtant, ces perturbateurs ne sont pas régulés en tant que tels et cette faille réglementaire constitue un risque majeur pour la santé publique.

(...)

Lobbying intense
Mise en demeure de réagir, la Commission européenne s’est, au contraire, évertuée à éluder le problème, à brouiller les expertises et à différer toute décision sérieuse. Elle était censée réglementer l’usage des perturbateurs endocriniens avant la fin de 2013. Soumise à un lobbying intense des industries des pesticides et de la chimie, elle n’en a rien fait. En novembre 2014, soutenue par la grande majorité des Etats membres et par le Parlement européen, la Suède a saisi la Cour de justice de l’Union européenne d’une action en carence contre la Commission européenne. En décembre 2015, cette Cour a jugé que la Commission avait « violé le droit de l’Union ». En janvier encore, c’est le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui dénonçait le retard « inacceptable » de la Commssion.

(...)

http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
Qu'en pensez vous ?
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par johanono » 21 mai 2016, 18:44:41

Et l'on s'aperçoit, une fois encore, que la Commission européenne est un instrument au service des lobbies divers et variés...

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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Nombrilist » 21 mai 2016, 19:04:10

Une proposition de critères ne devrait pas tarder à sortir. Nous devrions être fixés rapidement sur le positionnement de la Commission sur le sujet. Je prie pour que ce ne soit pas le scénario n°4.
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par politicien » 04 juil. 2017, 19:49:04

Perturbateurs endocriniens : l'UE donne une définition, mais ne met pas fin au débat

04 juil. 2017, 18:00:00

Le feuilleton des perturbateurs endocriniens a passé un cap décisif mardi à Bruxelles avec l'adoption de critères de définition pour une meilleure réglementation, qui ne satisfont toutefois ni les…

Image




Le 4 juillet 2017, l’Europe a rattrapé les trois ans de retard pris dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens. En s’accordant sur les critères visant à définir le concept de perturbateurs endocriniens, les États membres s’engagent désormais à légiférer à leur encontre. Une mesure qui était initialement prévue pour décembre 2013.



C’était la sixième fois que les États de l’Union européenne se rencontraient pour tenter de s’accorder sur le sujet. La liste des critères telle que proposée par l’UE est pourtant toujours sujette à controverse. Les industriels et producteurs agro-alimentaires craignent qu’elle conduise à l’interdiction de plus d’une soixantaine de pesticides. La FNSEA a estimé à 40% la baisse de rentabilité des exploitations agricoles en cas d'interdiction.



L'enjeu est de taille : d'après une étude réalisée en 2015, entre 19 400 et 31 200 cas d’hyperactivité pourraient être attribuables aux perturbateurs endocriniens, ainsi que 53 900 cas d’obésité et 20 500 nouveaux cas de diabète chez les femmes âgées.


Image



Les ONG, en revanche, reprochent au texte de ne pas aller suffisamment loin dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens. «Ce texte n'est clairement pas satisfaisant, regrette le porte-parole de Générations Futures, François Veillerettes. Il y a des États qui préfèrent avoir une politique protectrice de l'industrie plutôt que de la santé humaine. On regrette que la France ait rejoint ce camp-là et on appel le Parlement à voter contre.» Pour la spécialiste mondiale des perturbateurs endocriniens, Barbara Demeneix, «ce texte ne sera clairement pas suffisant pour endiguer le problème. Il faut une législation stricte, peut-être même appliquer le principe de précaution.»



(...)


Article complet sur http://www.leparisien.fr/societe/pertur ... 109736.php
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Nombrilist » 09 juil. 2017, 12:13:28

C'est la France qui a permis ce gâchis. Donc, Hulot. Toute collusion entre Hulot et les industries diverses de la chimie qui financent sa fondation et qui le rémunèrent grassement à raison de centaines de milliers d'euros par an est purement fortuite (coucou Loréal). Il a pris sa décision en l'absence de tout conflit d'intérêt :star3: .
La vérité, c'est que les masques tombent. Hulot est un pourri comme les autres. Les plus gros pollueurs de la planète qu'il fait mine hypocritement de combattre lui en sont reconnaissants, à commencer par l'industrie allemande de la chimie et des pesticides ainsi que Loréal-Ushuaïa. Mais bon, c'est comme pour Cohn-Bendit. Pas touche à l'icône.
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Francis_15 » 09 juil. 2017, 13:17:58

Il parait que les perturbateurs endocriniens font changer le sexe des grenouilles et des cyclistes.

Reconnaissons donc le 3ème sexe comme ça on pourra continuer de polluer ! :choupi:

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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Cheshire cat » 09 juil. 2017, 13:40:41

L'enjeu est de taille : d'après une étude réalisée en 2015, entre 19 400 et 31 200 cas d’hyperactivité pourraient être attribuables aux perturbateurs endocriniens, ainsi que 53 900 cas d’obésité et 20 500 nouveaux cas de diabète chez les femmes âgées.
J'admire la précision des chiffres.
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Nombrilist » 09 juil. 2017, 14:41:58

C'est sur que la fourchette doit avoir la taille d'une unité de logarithme.
Comment un homme politique français peut-il placer les intérêts de son propre pays derrière les intérêts d'un pays concurrent ? Simple: en se faisant élire sans être franchement ambiguë sur la question.

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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par politicien » 10 oct. 2017, 19:59:46

Perturbateurs endocriniens: nouveau texte européen réclamé

10 oct. 2017, 17:42:44

La France a écrit mardi à la Commission européenne pour réclamer une nouvelle proposition


La France a écrit mardi à la Commission européenne pour réclamer une nouvelle proposition "ambitieuse" sur la définition des perturbateurs endocriniens, après le rejet d'un texte en la matière par le Parlement européen, a indiqué la secrétaire d'Etat Brune Poirson. La semaine dernière, le Parlement européen a sommé la Commission de revoir sa copie en matière de définition et de réglementation de ces substances susceptibles d'agir sur le système hormonal et d'être peut-être à l'origine de dysfonctionnements comme l'infertilité, des malformations congénitales ou des retards de développement. "Face aux enjeux sanitaires et environnementaux, il y a plus que jamais urgence à agir: nous invitons donc la Commission européenne à soumettre une nouvelle proposition rigoureuse et ambitieuse", a déclaré Mme Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. "Le ministre d'Etat Nicolas Hulot et moi, nous avons écrit ce jour au Commissaire européen compétent pour lui demander de remettre sur la table, sans délai, une nouvelle proposition prenant acte de la nécessité de retirer l'exemption", a-t-elle ajouté.


(...)



Article complet sur http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/1 ... eclame.php
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Cheshire cat » 10 oct. 2017, 20:25:22

Les perturbateurs endocriniens sont un diable à la mode.
Il convient de s'en méfier bien sur, mais comme toujours en ces cas là, on leur attribue toutes sortes de maux qui ont pour point commun que leurs causes sont très mal connues.
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Nombrilist » 10 oct. 2017, 20:33:05

Pour une fois que le Parlement adresse un camouflet à la Kommission aux ordres de Berlin aux ordres de BASF/Bayer/Monsanto, c'est assez rare pour être souligné et applaudi.
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Nombrilist » 10 oct. 2017, 20:33:33

Cheshire cat a écrit :
10 oct. 2017, 20:25:22
Les perturbateurs endocriniens sont un diable à la mode.
Il convient de s'en méfier bien sur, mais comme toujours en ces cas là, on leur attribue toutes sortes de maux qui ont pour point commun que leurs causes sont très mal connues.
Oui, c'est malheureusement vrai. Le principe de précaution joue à plein.
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Re: Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné

Message non lu par Cheshire cat » 10 oct. 2017, 20:49:31

Nombrilist a écrit :
10 oct. 2017, 20:33:05
Pour une fois que le Parlement adresse un camouflet à la Kommission aux ordres de Berlin aux ordres de BASF/Bayer/Monsanto, c'est assez rare pour être souligné et applaudi.
Il faut que les citoyens européens s'intéressent aux décisions du parlement européen, et ce avant qu'elles soient prises, ce qui a été le cas ici.
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